Face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle et à l’explosion des besoins en capacité de calcul, plusieurs grands groupes français annoncent la création du consortium AION avec une ambition claire : porter une candidature française dans le cadre du programme européen des « AI Gigafactories ».
Le consortium réunit des acteurs majeurs de la technologie, de l’énergie et des infrastructures numériques parmi lesquels Ardian, Artefact, Bull, Capgemini, EDF, iliad, Orange et Scaleway. Leur objectif : bâtir une infrastructure européenne de calcul intensif capable de soutenir le développement et le déploiement de modèles d’intelligence artificielle souverains.
Une réponse européenne aux enjeux de souveraineté technologique
Dans leur déclaration commune, les membres d’AION estiment que la compétitivité future des économies européennes dépendra directement de leur accès à une puissance de calcul massive, compétitive et souveraine. Le consortium entend ainsi répondre à un enjeu à la fois industriel, économique et stratégique : permettre aux entreprises européennes de développer leurs modèles d’IA sans dépendre exclusivement d’infrastructures étrangères.
Pour y parvenir, AION mise sur la complémentarité de ses membres couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : supercalculateurs, cloud souverain, infrastructures critiques, calcul quantique, expertise énergétique, intelligence artificielle appliquée et financement industriel.
Le consortium pourra également compter sur un écosystème élargi réunissant des partenaires académiques, industriels et technologiques tels que Hugging Face, INRIA, Kyutai, LightOn ou encore Quandela.
La France mise en avant pour accueillir l’infrastructure
Le consortium considère que la France dispose de nombreux atouts pour accueillir cette future infrastructure stratégique. Parmi eux figurent une électricité abondante et décarbonée grâce au nucléaire et à l’hydraulique, des infrastructures numériques robustes ainsi qu’un écosystème IA particulièrement dynamique.
AION souligne également la présence en France de centres de recherche de haut niveau, de startups spécialisées dans l’IA et de grandes entreprises capables d’accélérer l’adoption de ces technologies à l’échelle européenne.
Quatre piliers pour structurer le projet
Le projet AION repose sur quatre axes majeurs : la performance, avec le déploiement d’une infrastructure de classe mondiale ; la confiance, à travers une maîtrise souveraine de la chaîne de valeur ; l’ouverture, en favorisant les technologies open source ; et enfin la responsabilité, avec une attention particulière portée à l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle.
Les dirigeants des différentes entreprises membres mettent en avant la nécessité pour l’Europe de ne plus dépendre d’infrastructures conçues hors du continent. Thomas Reynaud, directeur général du Groupe iliad, évoque ainsi « une force de frappe technologique sans précédent », tandis que Christel Heydemann, directrice générale d’Orange, défend « une IA européenne puissante, ouverte et inclusive ».
Une ambition industrielle à l’échelle européenne
Au-delà de la seule candidature française, AION entend fédérer plus largement les acteurs européens souhaitant participer à cette dynamique industrielle. Le consortium se présente comme un projet structurant destiné à renforcer la souveraineté technologique de l’Europe tout en accélérant l’innovation et l’adoption de l’intelligence artificielle dans les secteurs publics et privés.
Dans un contexte de concurrence mondiale accrue autour de l’IA générative et des infrastructures de calcul, cette initiative marque une nouvelle étape dans la volonté française et européenne de bâtir un écosystème technologique indépendant et compétitif.














