À l'heure où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans le quotidien des adolescents, la lutte contre le cyberharcèlement constitue un enjeu majeur de prévention. À La Réunion, plusieurs jeunes engagés ont choisi de s'emparer de cette problématique en développant une campagne de sensibilisation qui s'adresse directement à leur génération.
Cette initiative est portée par le Rotary District 9220 (Océan Indien), en partenariat avec l'association Grandir Sans Violence et Harcèlement (GSVH), le CRIJ – Info Jeunes Réunion et les Ambassadeurs Inter Lycée de La Réunion.
Son lancement officiel est programmé le samedi 7 novembre 2026 à 15 heures, au siège du CRIJ, situé au 28 rue Jean Chatel à Saint-Denis.
Une campagne conçue par les jeunes, pour les jeunes
La particularité de cette mobilisation réside dans son approche participative. Plutôt que de proposer un discours institutionnel traditionnel, les organisateurs ont choisi de donner directement la parole aux adolescents, qui connaissent les mécanismes et les codes du cyberharcèlement.
Commentaires humiliants, détournements de publications, mèmes, stickers, réactions vidéo ou encore messages codés : les violences numériques peuvent prendre de multiples formes, parfois difficiles à identifier pour les adultes.
Pour sensibiliser leurs camarades, des lycéens, ambassadeurs inter-lycées et jeunes engagés ont ainsi participé à la création d'une vidéo courte spécialement pensée pour les réseaux sociaux.
L'objectif est de transmettre un message accessible et percutant, en utilisant les codes de communication des adolescents.
Mais au-delà de la sensibilisation des victimes, cette campagne entend également interpeller les auteurs de harcèlement et ceux qui contribuent indirectement à sa propagation.
Les organisateurs souhaitent notamment responsabiliser les témoins qui, par leurs mentions « J'aime », leurs commentaires ou leurs partages, peuvent amplifier les humiliations subies par les victimes.
Le message défendu par les jeunes repose sur une conviction : le comportement du groupe peut contribuer à entretenir le harcèlement, mais aussi à y mettre un terme.
Une mobilisation dans le prolongement de la journée internationale contre le harcèlement
Cette initiative intervient dans le prolongement de la Journée internationale contre la violence et le harcèlement à l'école, y compris le cyberharcèlement, célébrée le jeudi 5 novembre 2026.
Instituée par l'UNESCO et soutenue par l'UNICEF, cette journée vise à sensibiliser la communauté éducative aux différentes formes de violences auxquelles peuvent être confrontés les enfants et les adolescents.
La campagne réunionnaise s'inscrit dans cette dynamique internationale en privilégiant l'implication directe des jeunes dans les actions de prévention.
La vidéo de sensibilisation doit être diffusée en ligne dès le vendredi 6 novembre, avant sa présentation officielle à la presse le lendemain.
À cette occasion, les jeunes ambassadeurs impliqués dans le projet pourront témoigner de leur engagement et expliquer les messages qu'ils souhaitent transmettre.
La rencontre permettra également aux différents partenaires de présenter leurs actions, notamment l'application Kiara de l'association GSVH, ainsi que la reconnaissance « Jeune Ambassadeur pour la Paix ».
Une initiative qui dépasse les frontières de La Réunion
Si la campagne a été conçue avec des jeunes Réunionnais, elle s'inscrit dans une démarche plus large, déployée à l'échelle de l'océan Indien.
Le projet fait partie du programme « Action pour la Paix » du Rotary, organisé du 1er juillet 2026 au 1er juillet 2027 et couvrant huit territoires : La Réunion, Mayotte, Maurice, Rodrigues, Madagascar, les Comores, les Seychelles et Djibouti.
Après une première action consacrée aux enjeux environnementaux, le cyberharcèlement constitue le deuxième grand thème de mobilisation des jeunes ambassadeurs.
Cette dimension régionale traduit la volonté des organisateurs de fédérer la jeunesse autour de problématiques communes, au-delà des frontières géographiques et culturelles.
La slameuse Caylah apporte son soutien à la campagne
Pour accompagner cette mobilisation, les organisateurs peuvent également compter sur le soutien de Caylah, slameuse internationale basée à Madagascar, qui a accepté de devenir la marraine de la campagne.
Ayant elle-même été victime de harcèlement, l'artiste apporte son expérience personnelle et sa voix à cette initiative.
Son implication contribue à donner une dimension artistique et humaine à cette mobilisation, tout en renforçant la portée du message auprès des jeunes de la région.
À travers cette campagne, les différents partenaires souhaitent rappeler que la lutte contre le cyberharcèlement ne repose pas uniquement sur les institutions ou les familles, mais nécessite également une prise de conscience collective au sein de la jeunesse.
En plaçant les adolescents au cœur de la conception et de la diffusion du message, le Rotary District 9220 et ses partenaires entendent faire des jeunes de véritables acteurs de la prévention des violences numériques dans l'océan Indien.
La présentation officielle de cette campagne se tiendra le samedi 7 novembre 2026 à 15 heures, au CRIJ – Info Jeunes Réunion, à Saint-Denis.







