Affiche du film Indigènes, 2006, photographie par Roger Arpajou © 3B © Palais de la Porte Dorée, collection Musée national de l’histoire de l’immigration
Depuis les années 1960, leurs films ont fait entrer à l’écran de nouveaux visages, de nouvelles expériences et, surtout, d’autres manières de raconter la France. Cet héritage, longtemps dispersé entre les œuvres et les parcours individuels, sera au cœur d’une exposition d'envergure organisée au Musée national de l’histoire de l’immigration.
Intitulée Une histoire du cinéma français – Héritages maghrébins, elle sera proposée du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027. Le projet choisit moins de s’intéresser à la représentation de l’immigration à l’écran qu’à celles et ceux qui ont directement participé à l’écriture de l’histoire du cinéma français.
Ali Ghanem, Mehdi Charef, Rachid Bouchareb, Hafsia Herzi ou Lina Soualem figurent parmi les réalisateurs mis en avant. Le parcours fait également une large place aux comédiens et comédiennes qui ont marqué plusieurs générations, à l'image de Jamel Debbouze, Rachida Brakni, Roschdy Zem ou Sami Bouajila. Des trajectoires entre France et Maghreb qui ont accompagné l’émergence de récits autour de l’exil, de l’identité, de la mémoire et de la transmission.
L’exposition adopte une construction chronologique autour de trois grandes périodes. La première, « 1960-1980. Exils et contrechamps », revient sur une génération de cinéastes immigrés confrontée à l'invisibilisation de ses expériences.
Des œuvres comme Mektoub ? d’Ali Ghanem ou Ali au pays des merveilles de Djouhra Abouda et Alain Bonnamy font alors émerger une parole directement liée à l’exil et aux conditions de vie des travailleurs immigrés. Certains de ces films ont été peu diffusés, voire censurés. Le parcours s'arrête également sur René Vautier, dont le travail sur la guerre d'Algérie constitue aujourd'hui un ensemble d'archives historiques particulièrement précieux.
La période 1980-2000, baptisée « Révélations et premier plan », marque un changement de génération. Des cinéastes ayant grandi en France prennent à leur tour la caméra pour raconter des réalités encore peu présentes sur les écrans.
Mehdi Charef et Le Thé au harem d’Archimède, Malik Chibane avec Hexagone ou Jean-François Richet avec Ma 6-T va crack-er accompagnent ce renouvellement, tandis que La Haine s'impose comme l'une des références majeures de cette période. La télévision participe elle aussi à cette évolution avec Mosaïque, émission réalisée par Tewfik Farès et pensée comme un espace d'expression destiné aux immigrés. Smaïn, Jamel Debbouze, Roschdy Zem ou Sami Bouajila contribuent parallèlement à faire évoluer les présences et les langages à l'écran.
La dernière partie du parcours s’intéresse aux créations apparues depuis les années 2000. Les récits deviennent plus intimes, explorant la mémoire familiale et la transmission tout en faisant circuler les histoires entre les deux rives de la Méditerranée.
Cette période est notamment illustrée par La mer au loin de Saïd Hamich Benlarbi, mais aussi par la trilogie de Rachid Bouchareb composée d’Indigènes, Hors la loi et Nos frangins. Leur Algérie de Lina Soualem ou Après le soleil de Rayane Mcirdi interrogent de leur côté les liens entre générations. Hafsia Herzi, avec Bonne mère puis La Petite dernière, incarne également le renouvellement des écritures et la place grandissante prise par les femmes devant comme derrière la caméra.
Cette ouverture vers les formes contemporaines constitue l'un des fils conducteurs de la fin de l'exposition : cinéma de genre, nouvelles voix, liberté formelle, récits plus audacieux et importance croissante des réalisatrices doivent permettre de prolonger l'histoire au-delà d'une simple rétrospective.
Pour donner corps à ces six décennies de création, le Musée national de l’histoire de l’immigration réunira des extraits de films, affiches, photographies de tournage, storyboards, archives de presse et objets emblématiques, parmi lesquels des Césars. Des œuvres reconnues côtoieront des films moins souvent montrés, dont certains ont été restaurés ou numérisés pour l'occasion.
L’exposition coïncidera également avec les 20 ans d’Indigènes de Rachid Bouchareb. Sorti en 2006, le film avait notamment valu à ses acteurs principaux un Prix d'interprétation masculine collectif au Festival de Cannes et avait été nommé à l'Oscar du meilleur film international. L'œuvre avait participé à renouveler le regard porté sur les soldats coloniaux engagés durant la Seconde Guerre mondiale.
La préparation du projet s'est par ailleurs appuyée sur la contribution de cinéastes, comédiens, scénaristes et autres professionnels, sollicités aussi bien pour commenter certaines œuvres que pour participer à la réflexion autour de la programmation. Une place particulière est accordée à Mehdi Charef, auteur du Thé au harem d'Archi Ahmed et réalisateur de son adaptation cinématographique. Le cinéaste avait participé à la réflexion autour du projet et en suivait la préparation : l’exposition lui est dédiée.
Présentée dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, Une histoire du cinéma français entend finalement raconter une histoire culturelle commune, faite de circulations entre la France, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Une histoire dans laquelle les parcours issus de l'immigration maghrébine ne sont plus envisagés à la marge, mais comme une composante à part entière de plus de soixante ans de cinéma français.
Informations pratiques : Une histoire du cinéma français – Héritages maghrébins, du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, au Musée national de l’histoire de l’immigration – Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil, Paris 12e.
Intitulée Une histoire du cinéma français – Héritages maghrébins, elle sera proposée du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027. Le projet choisit moins de s’intéresser à la représentation de l’immigration à l’écran qu’à celles et ceux qui ont directement participé à l’écriture de l’histoire du cinéma français.
Ali Ghanem, Mehdi Charef, Rachid Bouchareb, Hafsia Herzi ou Lina Soualem figurent parmi les réalisateurs mis en avant. Le parcours fait également une large place aux comédiens et comédiennes qui ont marqué plusieurs générations, à l'image de Jamel Debbouze, Rachida Brakni, Roschdy Zem ou Sami Bouajila. Des trajectoires entre France et Maghreb qui ont accompagné l’émergence de récits autour de l’exil, de l’identité, de la mémoire et de la transmission.
Trois générations pour raconter une histoire du cinéma français
L’exposition adopte une construction chronologique autour de trois grandes périodes. La première, « 1960-1980. Exils et contrechamps », revient sur une génération de cinéastes immigrés confrontée à l'invisibilisation de ses expériences.
Des œuvres comme Mektoub ? d’Ali Ghanem ou Ali au pays des merveilles de Djouhra Abouda et Alain Bonnamy font alors émerger une parole directement liée à l’exil et aux conditions de vie des travailleurs immigrés. Certains de ces films ont été peu diffusés, voire censurés. Le parcours s'arrête également sur René Vautier, dont le travail sur la guerre d'Algérie constitue aujourd'hui un ensemble d'archives historiques particulièrement précieux.
La période 1980-2000, baptisée « Révélations et premier plan », marque un changement de génération. Des cinéastes ayant grandi en France prennent à leur tour la caméra pour raconter des réalités encore peu présentes sur les écrans.
Mehdi Charef et Le Thé au harem d’Archimède, Malik Chibane avec Hexagone ou Jean-François Richet avec Ma 6-T va crack-er accompagnent ce renouvellement, tandis que La Haine s'impose comme l'une des références majeures de cette période. La télévision participe elle aussi à cette évolution avec Mosaïque, émission réalisée par Tewfik Farès et pensée comme un espace d'expression destiné aux immigrés. Smaïn, Jamel Debbouze, Roschdy Zem ou Sami Bouajila contribuent parallèlement à faire évoluer les présences et les langages à l'écran.
De la mémoire familiale aux nouvelles écritures
La dernière partie du parcours s’intéresse aux créations apparues depuis les années 2000. Les récits deviennent plus intimes, explorant la mémoire familiale et la transmission tout en faisant circuler les histoires entre les deux rives de la Méditerranée.
Cette période est notamment illustrée par La mer au loin de Saïd Hamich Benlarbi, mais aussi par la trilogie de Rachid Bouchareb composée d’Indigènes, Hors la loi et Nos frangins. Leur Algérie de Lina Soualem ou Après le soleil de Rayane Mcirdi interrogent de leur côté les liens entre générations. Hafsia Herzi, avec Bonne mère puis La Petite dernière, incarne également le renouvellement des écritures et la place grandissante prise par les femmes devant comme derrière la caméra.
Cette ouverture vers les formes contemporaines constitue l'un des fils conducteurs de la fin de l'exposition : cinéma de genre, nouvelles voix, liberté formelle, récits plus audacieux et importance croissante des réalisatrices doivent permettre de prolonger l'histoire au-delà d'une simple rétrospective.
Films, Césars, storyboards et archives
Pour donner corps à ces six décennies de création, le Musée national de l’histoire de l’immigration réunira des extraits de films, affiches, photographies de tournage, storyboards, archives de presse et objets emblématiques, parmi lesquels des Césars. Des œuvres reconnues côtoieront des films moins souvent montrés, dont certains ont été restaurés ou numérisés pour l'occasion.
L’exposition coïncidera également avec les 20 ans d’Indigènes de Rachid Bouchareb. Sorti en 2006, le film avait notamment valu à ses acteurs principaux un Prix d'interprétation masculine collectif au Festival de Cannes et avait été nommé à l'Oscar du meilleur film international. L'œuvre avait participé à renouveler le regard porté sur les soldats coloniaux engagés durant la Seconde Guerre mondiale.
La préparation du projet s'est par ailleurs appuyée sur la contribution de cinéastes, comédiens, scénaristes et autres professionnels, sollicités aussi bien pour commenter certaines œuvres que pour participer à la réflexion autour de la programmation. Une place particulière est accordée à Mehdi Charef, auteur du Thé au harem d'Archi Ahmed et réalisateur de son adaptation cinématographique. Le cinéaste avait participé à la réflexion autour du projet et en suivait la préparation : l’exposition lui est dédiée.
Présentée dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, Une histoire du cinéma français entend finalement raconter une histoire culturelle commune, faite de circulations entre la France, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. Une histoire dans laquelle les parcours issus de l'immigration maghrébine ne sont plus envisagés à la marge, mais comme une composante à part entière de plus de soixante ans de cinéma français.
Informations pratiques : Une histoire du cinéma français – Héritages maghrébins, du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, au Musée national de l’histoire de l’immigration – Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil, Paris 12e.






