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Maintien de Jean-Marc Morandini sur CNews : les syndicats F3C-CFDT et le SNME CFDT dénoncent une « faute morale et sociale »


Publié le Jeudi 29 Janvier 2026 à 13:36

              



La décision du Groupe Canal+ de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews continue de susciter une vive controverse. La F3C-CFDT et le SNME-CFDT ont dénoncé « avec la plus grande fermeté » ce choix éditorial, alors que la condamnation de l’animateur pour corruption de mineurs est désormais définitive.

Dans un communiqué commun, les deux organisations syndicales rappellent qu’en 2016, la direction de Canal+ s’était engagée publiquement à ce que Jean-Marc Morandini quitte le groupe, sans indemnité, en cas de confirmation judiciaire de sa condamnation. Or, le 15 janvier 2026, la Cour de cassation a rendu celle-ci irrévocable, mettant un terme au parcours judiciaire de l’affaire.

La peine prononcée comprend deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer toute profession en contact avec des mineurs, ainsi qu’une inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. « Les faits sont établis, la justice a tranché », soulignent les syndicats.

Malgré cela, la direction du Groupe Canal+ affirme « assumer complètement » le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne. Une position que la F3C-CFDT et le SNME-CFDT qualifient sans détour de « faute morale et sociale », estimant qu’elle entre en contradiction frontale avec les principes éthiques revendiqués par le groupe audiovisuel.

« Comment un groupe audiovisuel d’envergure mondiale peut-il prétendre défendre des valeurs éthiques tout en exposant à l’antenne une personne condamnée pour corruption de mineurs ? », interrogent les syndicats, pointant un décalage entre les discours institutionnels sur la prévention, la protection et la notion de “Safe Place”, et les actes posés.

Selon eux, ce maintien envoie un signal lourd de conséquences : un message de mépris envers les victimes, dont la parole semblerait reléguée au second plan ; un message préoccupant aux salariés, pour qui les engagements affichés perdraient toute crédibilité face aux intérêts éditoriaux ; et, plus largement, un message adressé à la société laissant entendre qu’une condamnation pénale pour des faits impliquant des mineurs ne constitue pas un obstacle à l’exposition médiatique.

Les organisations syndicales alertent également sur l’impact interne d’une telle décision. Elle fragiliserait la crédibilité des dispositifs de signalement des violences, du harcèlement moral ou sexuel et des agissements sexistes, risquant de dissuader victimes et témoins de prendre la parole et de contribuer à une banalisation de l’inacceptable.

Cette position apparaît d’autant plus contradictoire que, dans sa charte éthique publiée en décembre 2024, le Groupe Canal+ affirme une « tolérance zéro face aux discriminations, au harcèlement moral ou sexuel et aux agissements sexistes », ainsi qu’un engagement à « respecter et promouvoir les droits humains et les libertés fondamentales ».

Face à cette situation, la F3C-CFDT et le SNME-CFDT demandent solennellement à la direction du Groupe Canal+ de respecter les victimes, d’honorer ses engagements pris en 2016 et d’aligner ses décisions avec les principes éthiques qu’elle affiche publiquement. Une prise de position qui relance le débat sur la responsabilité sociale et morale des groupes audiovisuels dans leurs choix éditoriaux.



Mots Clés : Canal+

Ludovic Belzamine
Rédacteur en chef de Megazap.fr depuis 15 ans. En savoir plus sur cet auteur

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