Le cinéma se vit aussi à table. Le 7 mars à 12h, le Ciné Barquette investit le Cinéma Moulin à Café pour une séance pas comme les autres, en présence de l’actrice et réalisatrice Béryl Coutat. Un rendez-vous exclusivement sur réservation, porté par l’association Médiateurs de Cinéma, avec le soutien de la Région Réunion, du CNC et de la Ville de Saint-Pierre.
Un concept convivial et immersif
Le Ciné Barquette repose sur une idée simple : associer projection et déjeuner pour transformer la séance en véritable moment de partage. Un court-métrage est diffusé, puis la discussion se prolonge autour d’un repas, en présence de son ou sa créatrice. Ici, le cinéma sort de son cadre traditionnel pour devenir un espace d’échange direct, sans filtre ni distance.
Loin du cérémonial des avant-premières, l’événement privilégie la proximité. Les réalisateurs ne sont plus “de l’autre côté de l’écran”, mais assis à la même table que le public. Les regards se croisent, les idées circulent, les expériences s’entrecroisent. Le film devient prétexte à dialogue, à débat, à rencontre.
Dans l’ambiance intimiste du Moulin à Café, le parfum d’un plat péi accompagne les discussions. On ralentit, on écoute, on partage. Le court-métrage devient alors une porte d’entrée vers des émotions communes et des réflexions collectives.
Deux courts-métrages signés Béryl Coutat
Pour cette édition, Béryl Coutat présentera deux de ses réalisations :
Kissa mi lé (9 min)
Olivia, jeune femme en quête de confiance, s’apprête à se rendre à un entretien d’embauche singulier. Comme à son habitude, elle sollicite l’aide de sa famille. Mais cette fois, l’équilibre vacille. Osera-t-elle enfin écouter sa propre voix ? À travers un récit sensible et ancré dans la réalité réunionnaise, le film interroge l’affirmation de soi et la difficulté d’exister en dehors du regard des proches.
69 (6 min)
Sur une falaise de La Réunion, un homme répète inlassablement un nombre énigmatique. Un randonneur intrigué découvre peu à peu le sens de ce rituel, entre absurdité et malice. Court, efficace, le film joue sur le décalage et la surprise.
Ces deux œuvres illustrent la diversité d’écriture de la cinéaste : entre introspection et humour, ancrage territorial et universalité des thèmes.
Un modèle d’accessibilité assumé
Le Ciné Barquette affiche un tarif unique de 5 euros, avec gratuité totale pour les moins de 25 ans. Un choix revendiqué comme une véritable stratégie de reconquête culturelle.
Briser la barrière du “luxe”
À l’heure où le prix d’une place peut rivaliser avec un abonnement mensuel à une plateforme de streaming, la sortie cinéma est devenue occasionnelle pour de nombreux foyers. Proposer un tarif accessible, c’est redonner au grand écran sa dimension populaire.
Reconquérir la génération streaming
Les moins de 25 ans ont grandi avec des contenus à la demande et des algorithmes personnalisés. En supprimant l’obstacle financier, l’événement les invite à redécouvrir le cinéma comme expérience collective, active et incarnée. Ici, on ne consomme pas un film : on le vit ensemble.
Réenchanter les salles
Le concept transforme la salle obscure en lieu de vie. On vient pour la projection, on reste pour la discussion et le repas. La mixité sociale et intergénérationnelle devient une richesse, et le cinéma retrouve sa fonction de carrefour culturel.
Au-delà d’une simple séance, le Ciné Barquette défend une conviction : la culture n’a pas de prix, mais elle a une valeur immense. En réunissant public et créatrice autour d’un écran et d’une table, l’événement rappelle que derrière chaque film se cache une histoire qui nous concerne, nous relie et nous rassemble.
Le 7 mars, à Saint-Pierre, le cinéma se dégustera autant qu’il se regardera.














