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"Un Prophète" : Canal+ transpose le film culte en fresque sérielle contemporaine


Publié le Vendredi 13 Février 2026 à 11:02

              



© Christian Mantuano / Marco Sacco / Canal+
© Christian Mantuano / Marco Sacco / Canal+

Canal+ enrichit son offre Création Originale avec "Un Prophète", série événement de huit épisodes de 52 minutes, diffusée en exclusivité à partir du 2 mars 2026 avec deux épisodes au lancement, puis un inédit par soirée, et disponible sur l’application de la chaîne.

Adaptée du long métrage éponyme de Jacques Audiard, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes et multi-césarisé, cette relecture sérielle ambitionne d’ancrer le mythe dans la France des années 2020.

Créée et écrite par Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit, déjà scénaristes du film, la série est réalisée par l’Italien Enrico Maria Artale. Il ne s’agit ni d’un remake ni d’une simple transposition, mais d’une variation sur les thèmes fondateurs de l’œuvre : survie, hiérarchie carcérale, violence sociale et racisme systémique.

Le récit s’ouvre à Marseille. Malik El Djebenna, jeune Mahorais déraciné, survit à l’effondrement d’un immeuble avant d’être arrêté pour possession de drogue et incarcéré aux Baumettes. Dans un univers carcéral dominé par les clans, il comprend rapidement qu’il devra choisir ses alliances pour espérer survivre. Il devient le protégé de Massoud Djebbari, puissant promoteur immobilier aux ramifications mafieuses, mais découvre qu’il n’est qu’un pion dans un jeu de pouvoir plus vaste.

À travers cette trajectoire, la série dresse une radioscopie d’une France fracturée par les tensions identitaires, où la prison agit comme un microcosme exacerbé des rapports de domination à l’œuvre dans la société.

Le rôle de Malik est confié à la révélation Mamadou Sidibé, choisi à l’issue d’un casting sauvage. Face à lui, Sami Bouajila incarne Massoud Djebbari, figure ambivalente oscillant entre respectabilité bourgeoise et criminalité organisée.

Autour d’eux, une distribution solide : Salim Kechiouche (Issam Djebbari), Ouassini Embarek (Bachir Djebbari), Naïlia Harzoune (Samia Djebbari), Matthieu Lucci (Selim Renzetti) ou encore Moussa Maaskri (Rony Lahoud). La série met également en scène des figures de caïds et d’acteurs politiques locaux, incarnant l’imbrication des pouvoirs criminels et institutionnels dans la cité phocéenne.

La ville de Marseille n’est pas un simple décor : elle constitue un protagoniste à part entière. Ville-monde, traversée par les flux migratoires et les fractures sociales, elle offre un terrain narratif propice à l’exploration des alliances entre sphères politiques et mafieuses. Les extérieurs ont été tournés sur place, tandis que la prison a été reconstruite dans les Pouilles, en Italie, dans le cadre d’une coproduction franco-italienne.

Enrico Maria Artale revendique une approche cinématographique forte : tournage chronologique, réécritures en cours de production, caméra portée au plus près des comédiens. L’objectif : préserver une intensité organique et une immersion sensorielle.

La série joue sur un contraste assumé entre stylisation et naturalisme. Décors carcéraux modernisés aux teintes presque surréalistes, musique originale signée Para One mêlant influences baroques et sonorités électroniques, tension quasi documentaire : l’ensemble vise un équilibre entre lyrisme et brutalité.


Une fresque politique et existentielle


Plus de quinze ans après la naissance du personnage au cinéma, Un Prophète version 2026 interroge la figure du héros marginal à l’ère des crispations identitaires. Malik n’est ni un repenti ni un modèle d’ascension sociale. Il incarne une jeunesse laissée en marge, pour qui l’apprentissage et l’adaptation deviennent les seules armes de survie.

Entre série carcérale et série criminelle, la production assume sa dimension politique : exposer les mécanismes de domination, questionner la place des minorités visibles dans la fiction française et explorer les mutations de la criminalité urbaine contemporaine.

Produite par Marco Cherqui (CPB Films) et Sébastien Janin (MMS), avec la participation de CANAL+, Ciné+OCS et STUDIOCANAL, cette nouvelle Création Originale s’inscrit dans la stratégie de la chaîne de proposer des œuvres ambitieuses, ancrées dans le réel et ouvertes à l’international.




Ludovic Belzamine
Rédacteur en chef de Megazap.fr depuis 15 ans. En savoir plus sur cet auteur

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