Cette sortie intervient alors que le film continue de circuler à l’international. Scarlet Blue a décroché sa 38e sélection officielle au Queer Screams Film Festival de Portland, aux États-Unis, avec une projection au Clinton Street Theater le 15 août. Selon les informations communiquées par la réalisatrice, le long métrage compte désormais 14 récompenses internationales.
Une musique pensée comme le prolongement du film
Dans le cinéma d’Aurélia Mengin, la musique n’intervient pas simplement pour accompagner les images. La cinéaste réunionnaise explique entretenir depuis ses premiers courts métrages un rapport particulièrement étroit avec le sound design et la création musicale. Même dans ses premières réalisations muettes, le son et la musique occupaient déjà une fonction narrative, prenant en quelque sorte le relais des mots.
Cette conception irrigue pleinement Scarlet Blue. Dès l’écriture du film, Aurélia Mengin souhaitait confronter plusieurs univers : musique électronique, rock expérimental, textures organiques, opéra contemporain et rap new-yorkais aux accents vintage. Une combinaison volontairement libre destinée à accompagner les mouvements du récit entre réel, intimité, folie, désir et fantastique.
La bande originale devient ainsi une œuvre à part entière, à l'image de l'esthétique du long métrage : expérimentale, contrastée et difficile à enfermer dans un genre unique.
Nicolas Luquet et Pablo Mengin au cœur de la création musicale
Pour construire cet univers sonore, Aurélia Mengin s’appuie sur deux collaborateurs de longue date : Nicolas Luquet et Pablo Mengin. La réalisatrice travaille avec les deux musiciens depuis une quinzaine d’années, au fil de ses différents projets cinématographiques.
Leur travail sur Scarlet Blue a déjà obtenu une reconnaissance internationale. Nicolas Luquet et Pablo Mengin ont notamment reçu en Allemagne le Prix des meilleurs compositeurs pour la musique originale du film lors de la 23e édition de l’Independent Days Film Festival.
Sound designer et compositeur partageant son activité entre Paris et La Réunion, Nicolas Luquet collabore avec Aurélia Mengin depuis leur rencontre en 2010 autour du court métrage Macadam Transferts, sélectionné au Festival de Cannes. Il a ensuite accompagné l’univers sonore de ses courts métrages ainsi que de ses deux longs métrages, Fornacis et Scarlet Blue.
Près d’une cinquantaine de morceaux composés
Pour Scarlet Blue, Nicolas Luquet a pu travailler très en amont. Ayant découvert le scénario avant le tournage, il a commencé à composer avant même que les premières images ne soient enregistrées. Sa présence au sein de l’équipe technique lui a ensuite permis de nourrir ses compositions des lieux, des décors et de l’atmosphère rencontrés sur le plateau.
Au total, près d’une cinquantaine de morceaux ont été composés et proposés à Aurélia Mengin dès le début du montage, permettant au film de se construire directement au contact de sa musique originale.
Plusieurs titres traduisent les différentes facettes du récit. Scarlet Blue, morceau du générique d’ouverture, associe matière sonore organique, voix abstraites et rythme trip-hop. Folle in Love accompagne pour sa part la rencontre entre Alter et Chris dans une énergie électro-rock, tandis que Insomnie des corps adopte une tonalité plus mélancolique. Les Tournesols noirs, enfin, accompagne la délivrance d’Alter à travers un arpège de guitare à douze cordes et une basse organique.
Les racines réunionnaises au cœur de l’univers de Pablo Mengin
La bande originale accueille également les compositions de Pablo Mengin, issues notamment d’un projet développé depuis 2020 avec la chanteuse lyrique Anaïs Dombre. Certaines de ces pièces ont été choisies par Aurélia Mengin au moment du montage en raison de leur résonance avec l’univers de Scarlet Blue.
Né et ayant grandi à La Réunion, Pablo Mengin puise une partie de son imaginaire dans les paysages et les forces naturelles de l’île. La mer, le volcan et les cyclones nourrissent une écriture musicale construite autour des oppositions : calme et tumulte, ciel et terre, eau et sang, feu et glace, colère et amour.
Son travail convoque également l’imaginaire de la Grèce antique, ses rites, ses oracles et son mysticisme. La voix lyrique d’Anaïs Dombre occupe une place centrale dans cette architecture sonore, capable selon le compositeur de naviguer entre puissance, gravité et légèreté.
« Scarlet Blue » poursuit son voyage au-delà de l’écran
Avec la publication de sa bande originale, Scarlet Blue étend donc son univers au-delà de l’expérience cinématographique. L’album permet d’isoler et de redécouvrir une dimension sonore pensée dès l’origine comme une composante essentielle de l’identité du film.
Cette sortie offre également une nouvelle exposition au travail de création mené autour du long métrage d’Aurélia Mengin, dans lequel plusieurs sensibilités artistiques liées à La Réunion rencontrent des influences électroniques, expérimentales, rock et lyriques.
Alors que Scarlet Blue poursuit sa route dans les festivals internationaux, sa musique dispose désormais de sa propre trajectoire, indépendante des images mais profondément liée à elles.







