Dans une démarche à la fois culturelle, éducative et patrimoniale, Polynésie La 1ère s’associe au ministère de l’Éducation de Polynésie française pour lancer “Ei ta’o reo”, une série inédite de dictées en langues autochtones. Diffusée chaque samedi du 2 mai au 6 juin, cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de valorisation et de transmission des langues du fenua.
Un projet éditorial ancré dans le temps culturel polynésien
Le lancement de cette opération coïncide avec la période de Matari’i i raro, moment symbolique marquant la disparition des Pléiades dans le ciel polynésien. Cette saison est traditionnellement associée à un temps de retrait, de sobriété et de transmission des savoirs. Dans ce contexte, la parole et la mémoire occupent une place centrale.
C’est précisément dans cet esprit que s’inscrit “Ei ta’o reo”. Au-delà d’un simple programme de diffusion, il s’agit d’un véritable geste éditorial visant à remettre les langues autochtones au cœur de l’espace public médiatique, en les rendant audibles, accessibles et familières.
Une diversité linguistique mise en lumière
Chaque épisode de cette série propose une dictée dans une langue polynésienne différente, offrant ainsi une immersion dans la richesse linguistique du territoire. Tahitien, paʻumotu, mangarévien, rapa, marquisien ou encore raivavae : chaque langue porte en elle une vision du monde, un rapport singulier à la nature et aux traditions.
Le calendrier de diffusion s’articule comme suit :
- 2 mai : dictée en tahitien – thème de Matari’i i raro
- 9 mai : dictée en paʻumotu – thème de la pêche
- 16 mai : dictée en mangarévien – thème de Matari’i i raro
- 23 mai : dictée en rapa – signification de Matari’i i raro pour les habitants de Rapa
- 30 mai : dictée en marquisien – thème de Matari’i
- 6 juin : dictée en raivavae – thème du Pohotuaʻata, arbuste du quotidien
Chaque rendez-vous constitue une fenêtre ouverte sur un territoire, une mémoire collective et des pratiques culturelles vivantes.
Un levier pour la transmission intergénérationnelle
Avec “Ei ta’o reo”, Polynésie La 1ère prolonge sa mission de service public en contribuant activement à la préservation du patrimoine immatériel. L’initiative accompagne également les efforts du ministère de l’Éducation pour encourager l’apprentissage et la pratique des langues polynésiennes, notamment auprès des jeunes générations.
À travers ces dictées, l’enjeu dépasse largement l’exercice linguistique : il s’agit de renforcer le lien entre les générations, de valoriser les identités locales et de réaffirmer la place des langues autochtones dans la société contemporaine.
Faire vivre les langues du fenua
En ouvrant ses antennes à ces contenus, Polynésie La 1ère participe à une dynamique essentielle : celle de faire vivre les langues du fenua dans toute leur diversité. Car, comme le rappelle cette initiative, une langue ne se limite pas à un outil de communication. Elle est le vecteur d’une histoire, d’un rapport au monde et d’un ensemble de savoirs transmis au fil du temps.
Dans le silence fertile de Matari’i i raro, “Ei ta’o reo” apparaît ainsi comme une invitation à écouter, apprendre et transmettre un rendez-vous où la parole devient patrimoine vivant.














