Le Sénat examine ce mardi 16 juin 2026 une proposition de loi visant à réparer les préjudices subis par les milliers de mineurs réunionnais transférés vers l’Hexagone entre 1962 et 1984. À l’occasion de ce vote attendu de longue date, le pôle Outre-mer de France Télévisions déploie un important dispositif éditorial afin de suivre en direct cette étape majeure dans la reconnaissance d’une des pages les plus douloureuses de l’histoire contemporaine de La Réunion.
Pendant plus de deux décennies, près de 2 000 enfants et adolescents réunionnais ont été déplacés vers plusieurs départements de l’Hexagone, notamment la Creuse, les Landes ou encore l’Aisne, dans le cadre d’une politique de repeuplement de territoires confrontés à une baisse démographique. La plupart de ces mineurs étaient issus de familles modestes ou placés sous la responsabilité de l’aide sociale à l’enfance.
Arrachés à leur environnement familial et culturel, ces enfants ont été confiés à des familles d’accueil ou à des institutions, souvent sans accompagnement adapté. Pour beaucoup, ces transferts ont laissé des blessures profondes, marquant durablement leur parcours de vie.
Une reconnaissance attendue depuis des décennies
Longtemps restée dans l’ombre, cette histoire a progressivement émergé dans l’espace public grâce au combat mené par les victimes elles-mêmes. Regroupées au sein d’associations telles que l’Association des Réunionnais de la Creuse, elles ont multiplié les démarches pour faire reconnaître les souffrances engendrées par ces déplacements forcés.
Une étape importante avait été franchie en 2014 lorsque l’Assemblée nationale avait reconnu à l’unanimité la responsabilité morale de l’État dans cette politique migratoire. Toutefois, cette reconnaissance symbolique n’avait pas été suivie de mesures concrètes de réparation.
Le vote de la proposition de loi examiné ce 16 juin au Sénat représente ainsi une avancée potentiellement décisive dans la quête de justice portée depuis plusieurs décennies par ces femmes et ces hommes aujourd’hui âgés, qui réclament la reconnaissance pleine et entière du préjudice subi.
Un dispositif exceptionnel de France Télévisions Outre-mer
Conscient de la portée historique de cette journée pour La Réunion et l’ensemble des Outre-mer, le pôle Outre-mer de France Télévisions mobilise l’ensemble de ses équipes en télévision, en radio et sur le numérique.
Depuis le Palais du Luxembourg, les journalistes alimenteront en direct les éditions d’information de Réunion La 1ère, aussi bien à l’antenne télévisée que sur les ondes radio.
Les rendez-vous nationaux consacrés à l’actualité ultramarine, outremer.l’info sur France Télévisions et outremer.l’actusur franceinfo, proposeront également des éditions spéciales afin de revenir sur les enjeux de ce vote et les témoignages des principaux concernés.
Un suivi numérique en temps réel
L’offre numérique ultramarine du groupe sera également fortement mobilisée. Les équipes de La1ere.fr et du site de Réunion La 1ère assureront un suivi minute par minute des débats parlementaires, enrichi de reportages, d’analyses, de vidéos et de photographies.
Plusieurs directs Facebook sont également prévus tout au long de la journée. Ils permettront notamment de suivre le rassemblement des anciens enfants réunionnais déplacés et de leurs familles devant le Sénat, d’assister à la retransmission des débats parlementaires et du vote, mais aussi de recueillir les premières réactions des victimes, de leurs proches et des représentants associatifs.
Un devoir de mémoire et d’information
Au-delà de la couverture de l’actualité parlementaire, cette mobilisation éditoriale traduit la volonté de France Télévisions Outre-mer de contribuer au devoir de mémoire autour de cette histoire longtemps méconnue.
À travers ce dispositif exceptionnel, le groupe public entend accompagner un moment susceptible de marquer un tournant dans la reconnaissance des souffrances vécues par les « Enfants de la Creuse », tout en donnant la parole à celles et ceux qui, depuis des décennies, œuvrent pour que cette page de l’histoire réunionnaise ne soit jamais oubliée.
Pour de nombreux Réunionnais concernés, cette journée du 16 juin 2026 pourrait constituer l’aboutissement d’un combat mené pendant plus d’un demi-siècle : celui de la reconnaissance, de la mémoire et de la réparation.







