Le paysage radiophonique polynésien pourrait prochainement accueillir de nouveaux services ou voir certains opérateurs renforcer leur couverture. Par une décision adoptée le 9 septembre 2026, l’Arcom a officiellement lancé un appel aux candidatures pour l’exploitation à temps complet de services de radio par voie hertzienne terrestre en modulation de fréquence (FM), dans le ressort de l’Arcom Polynésie française.
L'appel, publié au Journal officiel de la République française le 15 septembre, intervient après un avis du gouvernement de la Polynésie française rendu le 15 juin dernier. Les fréquences concernées et leurs conditions techniques d'utilisation sont détaillées dans l'annexe de la décision.
24 fréquences disponibles dans plusieurs archipels
Au total, 24 fréquences FM figurent dans l'appel, avec une concentration importante des ressources sur l'île de Tahiti.
À Afaahiti-Taravao-Papeari, trois fréquences sont proposées : 90,9 MHz, 98,3 MHz et 105,8 MHz. Une fréquence, 91,0 MHz, est disponible à Mahina.
Le Mont Marau, dont les émetteurs peuvent notamment couvrir Arue, Faa'a, Papeete, Punaauia, Afareaitu et Teavaro, concentre cinq fréquences : 91,4 MHz, 103,0 MHz, 103,8 MHz, 104,2 MHz et 107,3 MHz. À celles-ci s'ajoutent 102,2 MHz à Papara, ainsi que 98,8 MHz et 106,0 MHz dans la zone de Papeete.
Pour la zone Punaauia-Paea, cinq fréquences sont mises en appel : 88,6 MHz, 97,8 MHz, 100,0 MHz, 101,1 MHz et 105,5 MHz, avec des émetteurs prévus à Maatea-Vaiare, sur l'île de Moorea. La fréquence 88,7 MHz est par ailleurs proposée pour Tiarei.
L'appel ne se limite pas aux îles du Vent. Aux Marquises, l'Arcom propose le 103,3 MHz à Taiohae, sur Nuku Hiva, ainsi que le 101,3 MHz pour une couverture de Nuku Hiva et Ua-Pou.
Dans les îles Sous-le-Vent, trois fréquences sont ouvertes à Raiatea, dans la zone d'Uturoa : 95,0 MHz, 98,4 MHz et 100,9 MHz. Enfin, dans les Tuamotu-Gambier, le 102,0 MHz est mis en appel sur l'atoll de Rangiroa.
Radios associatives et radios locales indépendantes concernées
Deux catégories de services peuvent candidater.
La catégorie A concerne les radios associatives assurant une mission de communication sociale de proximité et dont les recettes commerciales provenant notamment de la publicité de marque ou du parrainage représentent moins de 20 % de leur chiffre d'affaires total. Elles doivent notamment proposer au minimum quatre heures quotidiennes de programme d'intérêt local, hors publicité, entre 6 heures et 22 heures.
La catégorie B vise les radios locales ou régionales indépendantes ne diffusant pas de programme national identifié. Elles doivent elles aussi proposer au moins quatre heures quotidiennes de programme d'intérêt local entre 6 heures et 22 heures.
L'Arcom définit notamment comme programmes d'intérêt local les émissions d'information et de services de proximité, les programmes consacrés à la vie locale, certaines émissions musicales ou fictions radiophoniques à caractère local, ainsi que les programmes éducatifs ou culturels produits et diffusés localement.
Les candidatures ouvertes jusqu'au 3 novembre
Les sociétés, associations ou fondations souhaitant exploiter l'une de ces fréquences devront déposer leur candidature exclusivement par voie dématérialisée sur le site demarche.numérique.gouv.fr.
La date limite a été fixée au 3 novembre 2026 à 12h59, heure de Tahiti, correspondant à 23h59 à Paris. Tout dossier transmis après cette échéance ou selon une procédure différente de celle imposée par l'Arcom sera déclaré irrecevable.
Chaque projet doit faire l'objet d'un seul dossier, y compris lorsqu'une diffusion est envisagée sur plusieurs zones. Celui-ci devra notamment présenter le candidat, les caractéristiques de sa programmation, son modèle de financement, ses ressources humaines ainsi que les caractéristiques techniques prévues pour la diffusion.
Pluralisme, ancrage local et viabilité économique examinés
Une fois les candidatures recevables identifiées, l'Arcom Polynésie française procédera à leur instruction. La sélection tiendra notamment compte de l'intérêt de chaque projet pour le public, du pluralisme des courants d'expression socioculturels, de la diversification des opérateurs et du respect de la concurrence.
L'expérience du candidat, le financement et les perspectives d'exploitation du service, mais aussi sa contribution à la production locale et, pour les radios musicales, les engagements pris en faveur de la diversité des œuvres, des artistes et des nouveaux talents feront également partie des critères examinés.
Après avis du gouvernement polynésien, les autorisations définitives seront délivrées par l'Arcom puis publiées aux Journaux officiels de la République française et de la Polynésie française. Les opérateurs retenus devront ensuite commencer effectivement l'exploitation de leur service dans les trois mois suivant l'entrée en vigueur de leur autorisation.
Avec 24 ressources FM réparties dans plusieurs archipels, cet appel constitue une étape importante pour l'évolution de l'offre radiophonique locale et pourrait permettre l'arrivée de nouveaux projets éditoriaux comme le renforcement de services déjà implantés en Polynésie française







