Le pôle Outre-mer de France Télévisions a dévoilé le palmarès 2026 du FIFO (Festival international du film documentaire océanien), à l’issue de sa 23e édition organisée à Papeete. Un cru marqué par la puissance des récits et l’affirmation d’une Océanie au cœur des grands enjeux contemporains.
Une Océanie aux avant-postes des bouleversements mondiaux
Clôturée le dimanche 15 février, cette édition 2026 a rassemblé professionnels, réalisateurs et publics autour d’œuvres questionnant les fractures d’un monde en recomposition. Sous la présidence d’Aaron Salā, directeur général en 2024 du 13e FestPAC, le jury a distingué des films qui placent l’Océanie à l’avant-scène des défis climatiques, culturels et sociopolitiques.
Dans un contexte international fragmenté, les documentaires en compétition ont mis en lumière une région à la fois vulnérable et résiliente. Une Océanie consciente de sa fragilité face aux bouleversements climatiques, mais forte de ses savoirs ancestraux, de ses luttes pour la souveraineté et de son attachement profond à la terre et à l’océan. Les œuvres primées racontent ainsi des trajectoires individuelles et collectives qui participent à la recomposition culturelle et à la quête de justice sociale.
Partenaire historique du FIFO, le pôle Outre-mer de France Télévisions a, une nouvelle fois, joué un rôle central en s’associant au Grand Prix du jury et en décernant le Prix Demain, consacré aux enjeux climatiques et environnementaux dans les territoires ultramarins.
Grand Prix du jury FIFO – France Télévisions : Before the Moon Falls
Le Grand Prix du jury FIFO – France Télévisions a été attribué à Before the Moon Falls, réalisé par Kimberlee Bassford. Ce long-métrage documentaire (101 minutes), coproduit aux États-Unis et aux Samoa, suit l’écrivaine samoane Sia Figiel après un diagnostic de maladie mentale.
Dans une démarche intime et bouleversante, l’autrice entreprend de remonter aux racines de sa souffrance. Le film explore avec finesse les liens entre mémoire, trauma, identité et guérison, dans un récit à la fois personnel et universel.
Conformément au partenariat, le documentaire sera diffusé sur l’une des antennes du groupe France Télévisions, notamment sur le Réseau des 1ère en Outre-mer. Il bénéficiera également d’une exposition sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux édités par le pôle Outre-mer.
Prix Demain : The War Below: Restoring Hope in the Solomon Islands
À l’initiative du pôle Outre-mer, le Prix Demain distingue un film abordant les enjeux climatiques et environnementaux dans les Outre-mer. En 2026, il a été remis à The War Below: Restoring Hope in the Solomon Islands, réalisé par Tuki Laumea.
Ce documentaire de 50 minutes, produit aux Îles Salomon et en Aotearoa, met en lumière une crise humanitaire persistante : les bombes non explosées de la Seconde Guerre mondiale continuent, chaque année, de tuer et de mutiler. À travers les parcours de Loretta, veuve et handicapée, et de Maeverlyn, marquée à vie, le film révèle l’ampleur d’un drame encore largement ignoré par la communauté internationale.
Le film sera diffusé sur les antennes du Réseau des 1ère ainsi que sur La1ere.fr, la plateforme numérique du pôle Outre-mer.
Prix du Public : Ma Rue
Le Prix du Public revient à Ma Rue, coréalisé par Mathilde Zampieri et Elia Merlot. Tourné en Polynésie française, le film dresse le portrait de Marama, 38 ans, vivant à Pape’ete, marquée par un handicap et un parcours de vie dans la rue depuis l’adolescence.
Entre maternité, addictions et engagement dans un dispositif d’insertion, Marama interroge le sens même de la sortie de rue. Un documentaire sensible qui questionne les notions d’appartenance, de dignité et de reconstruction.
Prix spéciaux du jury : mémoire et luttes
Le 1er Prix spécial du jury a été décerné à Emily: I Am Kam, réalisé par Danielle MacLean. Le film rend hommage à l’artiste australienne Emily Kam Kngwarray, figure majeure de l’art contemporain autochtone. À travers son œuvre prolifique, le documentaire explore la manière dont la création artistique peut devenir un acte de protection territoriale et culturelle, notamment autour de la terre d’Alhalker.
Le 2e Prix spécial du jury distingue The Haka Party Incident, de Katie Wolfe. Le film revient sur les événements du 1er mai 1979 à l’Université d’Auckland, lorsque le collectif He Taua confronta des étudiants répétant un « faux » haka. Cet affrontement a contribué à révéler le racisme systémique en Nouvelle-Zélande et amorcé un processus de transformation sociétale durable.
Courts-métrages : jeunesse et réconciliation
Le Prix du meilleur court-métrage documentaire a été attribué à Nothing Is Impossible: The Primanavia Story, réalisé par Caleb Young. Le film suit le jeune chœur fidjien « Primanavia » à l’approche des World Choir Games, révélant un récit de persévérance, de foi et de passion musicale face à l’adversité.
Côté fiction, le Prix du meilleur court-métrage revient à Pākehā, de Mana Hira Davis. Situé dans la Nouvelle-Zélande des années 1980, le film retrace le parcours d’une jeune mère déterminée à apprendre le te reo māori, dans une démarche de réconciliation et d’engagement personnel.
Enfin, le Prix de l’Oceania Impact Pitch a distingué le projet The Canoe Is the Future, présenté par Alejandro Agulto et Sylvia Frain, confirmant la vitalité des initiatives émergentes dans la région.
À travers ce palmarès 2026, le FIFO confirme son rôle de plateforme stratégique pour les voix océaniennes. En accompagnant la diffusion des œuvres primées, le pôle Outre-mer de France Télévisions réaffirme son engagement en faveur d’un regard pluriel sur les territoires ultramarins, où s’inventent déjà les réponses aux défis climatiques, culturels et sociaux de demain.














