Dans un environnement médiatique en pleine mutation, la coopération apparaît comme un levier pour relever les défis auxquels sont confrontés les éditeurs de presse. C’est dans cette perspective qu’a été présentée, ce jeudi 5 novembre 2026, à Saint-Denis, Rhizo Médias, une association portée par les représentants du Quotidien de La Réunion, de Zinfos974 et de Territoire(s) Média.
Cette initiative entend apporter une réponse collective aux difficultés structurelles que rencontre la presse réunionnaise, confrontée notamment à la transformation des usages, à l’évolution du marché publicitaire et à l’accélération des innovations technologiques.
L’objectif affiché est de faire émerger une véritable filière économique des médias à La Réunion, capable de mutualiser certaines ressources, d’encourager les investissements et de développer de nouvelles perspectives de croissance.
Un secteur fragilisé par les mutations du marché publicitaire et du numérique
La création de Rhizo Médias intervient dans un contexte particulièrement exigeant pour les entreprises de presse.
La captation d’une part croissante des recettes publicitaires par les grandes plateformes numériques, le recul de la diffusion de la presse papier, l’évolution des habitudes de consommation de l’information et l'essor de l’intelligence artificielle remettent en question les modèles économiques traditionnels.
À La Réunion, ces transformations s’accompagnent de contraintes spécifiques. La taille relativement limitée du marché local et les particularités liées à l’insularité peuvent notamment freiner les capacités d’investissement et de développement des éditeurs.
Face à cette situation, les membres fondateurs souhaitent dépasser les initiatives individuelles pour construire une dynamique de coopération économique et technologique.
Rhizo Médias ambitionne ainsi de faire reconnaître la presse réunionnaise comme une filière économique à part entière, génératrice d’emplois, de compétences et de valeur ajoutée pour le territoire.
Six missions pour accompagner la transformation des médias
Pour concrétiser ses ambitions, l’association a défini six axes d’intervention prioritaires. Le premier consiste à structurer la filière presse et à renforcer sa reconnaissance auprès des institutions et des acteurs économiques.
Rhizo Médias souhaite également favoriser la mutualisation volontaire des moyens et des ressources afin d’optimiser les coûts de fonctionnement et de faciliter les investissements.
L’accompagnement des transitions économiques et numériques constitue une autre priorité, notamment à travers la diversification des sources de revenus des entreprises de presse.
L’innovation occupera également une place importante dans les travaux de l’association, avec une attention particulière portée à l’intelligence artificielle, à l’exploitation des données et aux nouvelles technologies susceptibles de transformer les métiers de l’information.
La formation et le développement des compétences professionnelles figurent aussi parmi les objectifs retenus. Il s’agira notamment d’accompagner les nouvelles générations vers les métiers des médias et de renforcer les savoir-faire disponibles localement.
Enfin, Rhizo Médias entend assurer une représentation collective de la filière auprès des pouvoirs publics, des institutions et des partenaires économiques, afin de mieux faire entendre les enjeux et les besoins des entreprises de presse réunionnaises.
Jean-Jacques Dijoux, Pierrot Dupuy et Vincent Vibert à la tête de l'association
La gouvernance de Rhizo Médias repose sur trois représentants du paysage médiatique réunionnais.
Jean-Jacques Dijoux, représentant du Quotidien de La Réunion, assure la présidence de l’association.
Pierrot Dupuy, de Zinfos974, occupe les fonctions de trésorier, tandis que Vincent Vibert, de Territoire(s) Média, en est le secrétaire.
À travers cette gouvernance, les membres fondateurs souhaitent encourager le rapprochement des acteurs de la filière sur des problématiques communes, sans pour autant remettre en cause leur identité respective.
L’association insiste en effet sur un principe fondamental : la coopération économique et technologique ne doit pas se traduire par une remise en question de l’indépendance éditoriale des médias participants.
Chaque éditeur conserve ainsi son autonomie commerciale, sa liberté éditoriale et son positionnement propre.
Une association ouverte à l’ensemble des médias réunionnais
Si Rhizo Médias est initialement portée par trois acteurs du secteur, sa vocation est de rassembler plus largement les entreprises de presse et les médias implantés sur le territoire.
L’association se veut ouverte à l’ensemble des médias souhaitant rejoindre cette démarche collective et participer à la structuration de la filière.
Au-delà de la recherche de solutions aux difficultés économiques actuelles, elle entend contribuer au développement de projets structurants, à l’émergence de nouvelles compétences et au renforcement de l’attractivité économique du secteur médiatique réunionnais.
Cette démarche pourrait également favoriser de nouvelles formes de collaboration entre entreprises aux modèles économiques et aux positionnements différents.
Des perspectives de coopération avec les autres territoires ultramarins
L’ambition de Rhizo Médias pourrait, à terme, dépasser les frontières de La Réunion.
L’association envisage en effet d’ouvrir des perspectives de coopération avec les médias implantés dans les autres territoires ultramarins, confrontés pour certains à des problématiques économiques, numériques et structurelles comparables.
Cette dimension ultramarine pourrait constituer un axe de développement supplémentaire pour l’organisation, en favorisant les échanges d’expériences, les projets communs et le partage de compétences.
Avec la création de Rhizo Médias, ses fondateurs affichent ainsi leur volonté d’engager une nouvelle dynamique collective pour accompagner les transformations de la presse réunionnaise.
Reste désormais à concrétiser ces ambitions par des projets opérationnels, capables de répondre aux défis économiques et technologiques qui attendent les entreprises de presse dans les prochaines années.







