La Polynésie française évoque souvent des lagons turquoise, des plages paradisiaques et des paysages spectaculaires. Mais derrière cette image idyllique, une autre réalité s'impose progressivement : celle de la consommation d'ice, une forme de méthamphétamine aux conséquences particulièrement destructrices.
Réalisé par Denis Pinson et Suliane Favennec, le documentaire « Fenua Vice » explore les répercussions de cette drogue sur la société polynésienne, en s'intéressant notamment aux familles confrontées à l'addiction de leurs proches.
Depuis son apparition sur le territoire à la fin des années 1990, l'ice s'est progressivement implanté dans différents milieux sociaux, jusqu'aux îles les plus éloignées. Selon les témoignages réunis dans le film, sa circulation et son accessibilité, notamment auprès des jeunes générations, constituent désormais un sujet de préoccupation majeur.
Pour donner un visage à cette crise, les deux réalisateurs ont choisi de suivre trois personnes dont les trajectoires témoignent des conséquences humaines de l'addiction : Heimoana, Ingrid et Charles.
Le premier, Heimoana, a vu son fils sombrer dans la dépendance à l'ice. Profondément marqué par cette épreuve familiale, il a décidé de transformer sa douleur en engagement. Désormais vice-président de la Fédération citoyenne de lutte contre les drogues et la toxicomanie, il participe à la création d'espaces d'échange et d'entraide destinés aux familles touchées.
Son objectif est de briser l'isolement dans lequel se retrouvent de nombreux proches de consommateurs, souvent confrontés à la culpabilité, à la honte et à l'incompréhension.
Ingrid mène, quant à elle, un combat quotidien auprès de sa fille de 22 ans, prise dans l'engrenage de l'addiction. Entre inquiétude, colère et sentiment d'impuissance, cette mère tente de préserver sa famille tout en veillant sur son petit-fils, auquel elle souhaite offrir un avenir plus serein.
Le troisième protagoniste, Charles, connaît personnellement les mécanismes de cette dépendance. Ancien consommateur, il met aujourd'hui son expérience au service des autres. Présent dans les quartiers, au plus près des habitants, il est devenu une personne de référence pour celles et ceux qui cherchent des conseils, une écoute ou un soutien.
À travers ces trois histoires, « Fenua Vice » montre que les conséquences de l'ice dépassent largement les personnes qui en consomment. Parents, enfants et proches se retrouvent eux aussi confrontés à une épreuve qui peut profondément déstabiliser les équilibres familiaux.
Le documentaire ne se limite pas aux situations individuelles. Il dresse également le portrait d'une société confrontée à un phénomène qui traverse les différentes catégories sociales.
Des quartiers populaires de Papeete aux milieux plus aisés, jusqu'aux îles éloignées de l'archipel, les témoignages recueillis illustrent l'étendue des inquiétudes suscitées par la circulation de cette substance.
La problématique prend également une dimension culturelle et communautaire. Dans une société où les solidarités familiales occupent une place essentielle, la dépendance à l'ice fragilise les relations entre générations et peut accentuer les tensions au sein des foyers.
Le film aborde notamment le poids du silence et des tabous qui entourent encore la toxicomanie, rendant parfois plus difficile la recherche d'aide ou l'accompagnement des personnes concernées.
Au-delà du constat, « Fenua Vice » met en lumière les initiatives de citoyens déterminés à agir.
Face à une situation qu'ils jugent de plus en plus préoccupante, des familles et des acteurs associatifs se mobilisent pour sensibiliser la population, accompagner les personnes touchées et interpeller les pouvoirs publics.
Ces initiatives traduisent également une demande de renforcement des dispositifs de prévention, de prise en charge des addictions et de soutien aux familles.
Le documentaire donne ainsi une place importante à cette mobilisation collective, portée par des personnes qui refusent que la toxicomanie demeure un sujet passé sous silence.
Pour Suliane Favennec, la réalisation de ce film répond à une nécessité face à l'évolution de la situation sur le territoire.
La coréalisatrice explique avoir été particulièrement marquée par la montée des violences dans certains quartiers, évoquant notamment des faits de séquestration et une fusillade survenue à Papeete.
Estimant que les discours ne suffisent plus à sensibiliser l'opinion publique, elle a souhaité utiliser la puissance du récit documentaire pour rendre visibles les conséquences de cette crise.
« Faire un film est devenu une évidence et une nécessité », souligne-t-elle dans la présentation du documentaire.
De son côté, Denis Pinson insiste sur la volonté de dépasser le simple témoignage pour construire un récit incarné, sans tomber dans le misérabilisme.
Les réalisateurs ont ainsi privilégié des personnes dont les parcours associent souffrance personnelle, résilience et engagement. Le film entend montrer les ravages de l'addiction, mais aussi les capacités de mobilisation de celles et ceux qui y sont confrontés.
L'ice devient finalement un personnage invisible, omniprésent dans les récits, dont les conséquences se manifestent dans les familles, les quartiers et les relations sociales.
Avec ce documentaire de 52 minutes, la collection « outremer.ledoc » poursuit son exploration des réalités sociales et humaines des territoires ultramarins.
En donnant la parole à des habitants directement confrontés aux conséquences de la toxicomanie, « Fenua Vice » propose un regard sur une Polynésie française éloignée des représentations touristiques habituelles.
Un film qui met en lumière la douleur des familles, mais également leur détermination à agir, tout en soulevant une question centrale : comment renforcer la prévention, l'accompagnement et la prise en charge des addictions dans les archipels polynésiens ?
« Fenua Vice » sera diffusé dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre 2026 à 00h05 sur France 3 (heure de Paris). Le documentaire est également annoncé sur les plateformes france.tv et La1ere.fr.
Réalisé par Denis Pinson et Suliane Favennec, le documentaire « Fenua Vice » explore les répercussions de cette drogue sur la société polynésienne, en s'intéressant notamment aux familles confrontées à l'addiction de leurs proches.
Depuis son apparition sur le territoire à la fin des années 1990, l'ice s'est progressivement implanté dans différents milieux sociaux, jusqu'aux îles les plus éloignées. Selon les témoignages réunis dans le film, sa circulation et son accessibilité, notamment auprès des jeunes générations, constituent désormais un sujet de préoccupation majeur.
Trois parcours pour raconter les ravages de l'ice
Pour donner un visage à cette crise, les deux réalisateurs ont choisi de suivre trois personnes dont les trajectoires témoignent des conséquences humaines de l'addiction : Heimoana, Ingrid et Charles.
Le premier, Heimoana, a vu son fils sombrer dans la dépendance à l'ice. Profondément marqué par cette épreuve familiale, il a décidé de transformer sa douleur en engagement. Désormais vice-président de la Fédération citoyenne de lutte contre les drogues et la toxicomanie, il participe à la création d'espaces d'échange et d'entraide destinés aux familles touchées.
Son objectif est de briser l'isolement dans lequel se retrouvent de nombreux proches de consommateurs, souvent confrontés à la culpabilité, à la honte et à l'incompréhension.
Ingrid mène, quant à elle, un combat quotidien auprès de sa fille de 22 ans, prise dans l'engrenage de l'addiction. Entre inquiétude, colère et sentiment d'impuissance, cette mère tente de préserver sa famille tout en veillant sur son petit-fils, auquel elle souhaite offrir un avenir plus serein.
Le troisième protagoniste, Charles, connaît personnellement les mécanismes de cette dépendance. Ancien consommateur, il met aujourd'hui son expérience au service des autres. Présent dans les quartiers, au plus près des habitants, il est devenu une personne de référence pour celles et ceux qui cherchent des conseils, une écoute ou un soutien.
À travers ces trois histoires, « Fenua Vice » montre que les conséquences de l'ice dépassent largement les personnes qui en consomment. Parents, enfants et proches se retrouvent eux aussi confrontés à une épreuve qui peut profondément déstabiliser les équilibres familiaux.
Une crise qui touche toutes les catégories sociales
Le documentaire ne se limite pas aux situations individuelles. Il dresse également le portrait d'une société confrontée à un phénomène qui traverse les différentes catégories sociales.
Des quartiers populaires de Papeete aux milieux plus aisés, jusqu'aux îles éloignées de l'archipel, les témoignages recueillis illustrent l'étendue des inquiétudes suscitées par la circulation de cette substance.
La problématique prend également une dimension culturelle et communautaire. Dans une société où les solidarités familiales occupent une place essentielle, la dépendance à l'ice fragilise les relations entre générations et peut accentuer les tensions au sein des foyers.
Le film aborde notamment le poids du silence et des tabous qui entourent encore la toxicomanie, rendant parfois plus difficile la recherche d'aide ou l'accompagnement des personnes concernées.
Une mobilisation citoyenne face au manque de structures adaptées
Au-delà du constat, « Fenua Vice » met en lumière les initiatives de citoyens déterminés à agir.
Face à une situation qu'ils jugent de plus en plus préoccupante, des familles et des acteurs associatifs se mobilisent pour sensibiliser la population, accompagner les personnes touchées et interpeller les pouvoirs publics.
Ces initiatives traduisent également une demande de renforcement des dispositifs de prévention, de prise en charge des addictions et de soutien aux familles.
Le documentaire donne ainsi une place importante à cette mobilisation collective, portée par des personnes qui refusent que la toxicomanie demeure un sujet passé sous silence.
Un documentaire né de l'urgence de témoigner
Pour Suliane Favennec, la réalisation de ce film répond à une nécessité face à l'évolution de la situation sur le territoire.
La coréalisatrice explique avoir été particulièrement marquée par la montée des violences dans certains quartiers, évoquant notamment des faits de séquestration et une fusillade survenue à Papeete.
Estimant que les discours ne suffisent plus à sensibiliser l'opinion publique, elle a souhaité utiliser la puissance du récit documentaire pour rendre visibles les conséquences de cette crise.
« Faire un film est devenu une évidence et une nécessité », souligne-t-elle dans la présentation du documentaire.
De son côté, Denis Pinson insiste sur la volonté de dépasser le simple témoignage pour construire un récit incarné, sans tomber dans le misérabilisme.
Les réalisateurs ont ainsi privilégié des personnes dont les parcours associent souffrance personnelle, résilience et engagement. Le film entend montrer les ravages de l'addiction, mais aussi les capacités de mobilisation de celles et ceux qui y sont confrontés.
L'ice devient finalement un personnage invisible, omniprésent dans les récits, dont les conséquences se manifestent dans les familles, les quartiers et les relations sociales.
« Fenua Vice » à découvrir sur France 3 et france.tv
Avec ce documentaire de 52 minutes, la collection « outremer.ledoc » poursuit son exploration des réalités sociales et humaines des territoires ultramarins.
En donnant la parole à des habitants directement confrontés aux conséquences de la toxicomanie, « Fenua Vice » propose un regard sur une Polynésie française éloignée des représentations touristiques habituelles.
Un film qui met en lumière la douleur des familles, mais également leur détermination à agir, tout en soulevant une question centrale : comment renforcer la prévention, l'accompagnement et la prise en charge des addictions dans les archipels polynésiens ?
« Fenua Vice » sera diffusé dans la nuit du lundi 26 au mardi 27 octobre 2026 à 00h05 sur France 3 (heure de Paris). Le documentaire est également annoncé sur les plateformes france.tv et La1ere.fr.







