Le cinéma documentaire engagé était à l’honneur lors de la clôture du Festival international du film documentaire Amazonie-Caraïbes (FIFAC) 2026. À travers son palmarès, le festival met en lumière des récits profondément ancrés dans les territoires, abordant aussi bien la mémoire des peuples autochtones que les violences familiales, les conséquences de l’exploitation minière ou encore l’émancipation de la jeunesse par la culture.
Sous la présidence de Gisèle Pineau, le jury a récompensé des réalisateurs dont les œuvres témoignent de la diversité des regards et des enjeux qui traversent l'Amazonie, les Caraïbes et leurs diasporas.
La plus haute distinction du festival, le Grand Prix FIFAC France Télévisions, doté de 4 000 euros, a été attribuée à Uyariy, documentaire de 90 minutes réalisé par Javier Corcuera et produit par Quechua Films.
Cette coproduction entre le Pérou et l’Espagne, réalisée en 2025, revient sur les troubles sociaux qui ont secoué le Pérou, notamment le massacre survenu le 9 janvier 2023 à Juliaca, dans la région de Puno.
À travers les témoignages et les expressions musicales d’artistes des Andes péruviennes, le film explore l’histoire d’un territoire marqué par les répressions successives et les soulèvements des populations autochtones.
Mêlant mémoire collective, musique et engagement politique, Uyariy, tourné en aymara, quechua et espagnol, donne une place centrale aux voix de celles et ceux qui perpétuent l’histoire et les traditions de cette région andine.
Dans cette même catégorie, le jury a décerné deux mentions spéciales à Double citoyen, de Rachelle Salnave, une production américano-haïtienne de 2025, ainsi qu’à Résurgence, du réalisateur haïtien Feguenson Hermogène, coproduit notamment par France Télévisions.
Autre distinction majeure de cette édition, le Prix Demain France Télévisions, doté de 3 000 euros par le pôle Outre-mer de France Télévisions, a été décerné au documentaire Quand l’or devient poison, réalisé par Franck Chassagnon.
Produit en 2026 par 5° Nord Productions, AVM et Canal+, ce film de 52 minutes plonge au cœur de la forêt amazonienne guyanaise, sur les rives du fleuve Maroni, où les populations amérindiennes wayana subissent les conséquences de l’orpaillage clandestin.
Malgré les opérations menées par les forces armées et les engagements des pouvoirs publics, les garimpeiros, chercheurs d’or illégaux, poursuivent leurs activités, provoquant notamment une contamination des cours d’eau au mercure et une dégradation des écosystèmes.
Le documentaire suit particulièrement Michel Aloïké, chef coutumier du village de Taluen, dont le témoignage permet de mesurer les répercussions de cette exploitation sur les conditions de vie, la santé et les traditions des communautés autochtones.
Entre immersion dans les villages, interventions militaires, investigations scientifiques, discussions diplomatiques et procédures judiciaires engagées contre l’État français, le film met en perspective les dimensions environnementales, sanitaires et politiques de cette problématique.
Une mention spéciale du jury pour le Prix Demain a également été attribuée à El Río de los Espíritus, documentaire équatorien réalisé par le Colectivo Tawna, composé de Sani Montahuano et Boloh Miranda, avec Nase Lino Sumpinanch.
Le cinéma haïtien figure parmi les grands protagonistes de ce palmarès, avec deux récompenses attribuées à des œuvres du réalisateur Feguenson Hermogène.
Son court-métrage Nan Ginen, réalisé en 2025 entre Cuba et Haïti, a remporté le Prix du meilleur court-métrage, doté de 1 000 euros avec le soutien du Crédit Agricole Martinique Guyane.
D’une durée de 21 minutes et 19 secondes, cette œuvre en créole haïtien suit une famille cubaine d’origine haïtienne rendant hommage à la déesse Erzulie.
À travers ce rituel, le réalisateur fait ressurgir la mémoire des travailleurs migrants haïtiens qui ont participé au développement de l’industrie sucrière cubaine. Le film interroge ainsi la transmission des héritages culturels et la persistance des souvenirs au sein des communautés issues de l’immigration.
Feguenson Hermogène a également été récompensé pour Résurgence, qui décroche le Prix du jury lycéen, doté de 1 500 euros avec le soutien de SFR Caraïbe.
Ce documentaire franco-haïtien de 50 minutes, produit par Sanosi Productions, Fastforward et France Télévisions, aborde une histoire familiale marquée par les violences conjugales et le poids du silence.
Après trois années d’études à Cuba, le réalisateur retourne auprès de sa mère pour évoquer un événement traumatisant de son enfance : les violences exercées par son père, aujourd’hui décédé.
À travers un dialogue intime entre une mère et son fils, le film explore la complexité des liens familiaux, les traumatismes transmis d’une génération à l’autre et la difficulté de se confronter à l’image contradictoire d’un père à la fois admiré et redouté.
Déjà distingué par une mention spéciale dans la compétition des longs-métrages, Résurgence s’impose ainsi comme l’une des œuvres particulièrement remarquées de cette édition.
Le Prix du public, doté de 2 000 euros avec le soutien de Rhums Saint-Maurice, a été attribué à Jeunes sans limite, de la Guyane à l’Opéra de Paris, réalisé par José Ramirez Romero et Jules Bonnel.
Présenté dans la sélection Écrans Parallèles, ce documentaire de 52 minutes, produit par Les Films du Sillage et l’Opéra national de Paris, avec France Télévisions, raconte une aventure artistique et humaine reliant Saint-Laurent-du-Maroni à la capitale française.
Le film suit Samuel Fania, qui accompagne des jeunes issus de quartiers défavorisés de Guyane au sein de sa compagnie Jeunes Sans Limites.
Grâce à la danse, ces jeunes trouvent un espace d’expression, de construction personnelle et d’émancipation. Leur parcours prend une dimension exceptionnelle lorsque l’Académie de l’Opéra national de Paris les invite à participer à la création d’un spectacle à l’Opéra Bastille.
Au-delà de la rencontre entre deux univers artistiques et sociaux, le documentaire questionne les héritages historiques, les frontières géographiques et les représentations culturelles.
La danse devient alors un langage universel, capable de rapprocher des trajectoires que tout semblait séparer.
Cette distinction décernée par les spectateurs vient saluer une œuvre mettant en avant le potentiel de la jeunesse guyanaise et le rôle de la création artistique comme vecteur d’inclusion.
Au-delà des récompenses financières, les réalisateurs distingués par le jury ont reçu des trophées conçus par André van Bree, sculpteur installé dans l’Ouest guyanais.
Réalisées à partir de bois durs et précieux, ces créations artistiques témoignent de l’ancrage territorial du festival et participent à la valorisation du savoir-faire artisanal guyanais.
Avec ce palmarès 2026, le FIFAC confirme son rôle de vitrine pour le cinéma documentaire issu de l’espace amazonien et caribéen. En distinguant des œuvres qui interrogent la mémoire, les injustices, l’environnement et les identités, le festival rappelle la place essentielle du documentaire dans la compréhension des sociétés contemporaines.
De la cordillère des Andes aux rives du Maroni, des communautés haïtiennes de Cuba aux jeunes danseurs de Guyane, cette édition aura mis en lumière des histoires singulières dont les résonances dépassent largement les frontières des territoires concernés.
Sous la présidence de Gisèle Pineau, le jury a récompensé des réalisateurs dont les œuvres témoignent de la diversité des regards et des enjeux qui traversent l'Amazonie, les Caraïbes et leurs diasporas.
« Uyariy » de Javier Corcuera décroche le Grand Prix FIFAC France Télévisions
La plus haute distinction du festival, le Grand Prix FIFAC France Télévisions, doté de 4 000 euros, a été attribuée à Uyariy, documentaire de 90 minutes réalisé par Javier Corcuera et produit par Quechua Films.
Cette coproduction entre le Pérou et l’Espagne, réalisée en 2025, revient sur les troubles sociaux qui ont secoué le Pérou, notamment le massacre survenu le 9 janvier 2023 à Juliaca, dans la région de Puno.
À travers les témoignages et les expressions musicales d’artistes des Andes péruviennes, le film explore l’histoire d’un territoire marqué par les répressions successives et les soulèvements des populations autochtones.
Mêlant mémoire collective, musique et engagement politique, Uyariy, tourné en aymara, quechua et espagnol, donne une place centrale aux voix de celles et ceux qui perpétuent l’histoire et les traditions de cette région andine.
Dans cette même catégorie, le jury a décerné deux mentions spéciales à Double citoyen, de Rachelle Salnave, une production américano-haïtienne de 2025, ainsi qu’à Résurgence, du réalisateur haïtien Feguenson Hermogène, coproduit notamment par France Télévisions.
La Guyane récompensée pour son combat contre l’orpaillage illégal
Autre distinction majeure de cette édition, le Prix Demain France Télévisions, doté de 3 000 euros par le pôle Outre-mer de France Télévisions, a été décerné au documentaire Quand l’or devient poison, réalisé par Franck Chassagnon.
Produit en 2026 par 5° Nord Productions, AVM et Canal+, ce film de 52 minutes plonge au cœur de la forêt amazonienne guyanaise, sur les rives du fleuve Maroni, où les populations amérindiennes wayana subissent les conséquences de l’orpaillage clandestin.
Malgré les opérations menées par les forces armées et les engagements des pouvoirs publics, les garimpeiros, chercheurs d’or illégaux, poursuivent leurs activités, provoquant notamment une contamination des cours d’eau au mercure et une dégradation des écosystèmes.
Le documentaire suit particulièrement Michel Aloïké, chef coutumier du village de Taluen, dont le témoignage permet de mesurer les répercussions de cette exploitation sur les conditions de vie, la santé et les traditions des communautés autochtones.
Entre immersion dans les villages, interventions militaires, investigations scientifiques, discussions diplomatiques et procédures judiciaires engagées contre l’État français, le film met en perspective les dimensions environnementales, sanitaires et politiques de cette problématique.
Une mention spéciale du jury pour le Prix Demain a également été attribuée à El Río de los Espíritus, documentaire équatorien réalisé par le Colectivo Tawna, composé de Sani Montahuano et Boloh Miranda, avec Nase Lino Sumpinanch.
Haïti doublement distinguée grâce au réalisateur Feguenson Hermogène
Le cinéma haïtien figure parmi les grands protagonistes de ce palmarès, avec deux récompenses attribuées à des œuvres du réalisateur Feguenson Hermogène.
Son court-métrage Nan Ginen, réalisé en 2025 entre Cuba et Haïti, a remporté le Prix du meilleur court-métrage, doté de 1 000 euros avec le soutien du Crédit Agricole Martinique Guyane.
D’une durée de 21 minutes et 19 secondes, cette œuvre en créole haïtien suit une famille cubaine d’origine haïtienne rendant hommage à la déesse Erzulie.
À travers ce rituel, le réalisateur fait ressurgir la mémoire des travailleurs migrants haïtiens qui ont participé au développement de l’industrie sucrière cubaine. Le film interroge ainsi la transmission des héritages culturels et la persistance des souvenirs au sein des communautés issues de l’immigration.
Feguenson Hermogène a également été récompensé pour Résurgence, qui décroche le Prix du jury lycéen, doté de 1 500 euros avec le soutien de SFR Caraïbe.
Ce documentaire franco-haïtien de 50 minutes, produit par Sanosi Productions, Fastforward et France Télévisions, aborde une histoire familiale marquée par les violences conjugales et le poids du silence.
Après trois années d’études à Cuba, le réalisateur retourne auprès de sa mère pour évoquer un événement traumatisant de son enfance : les violences exercées par son père, aujourd’hui décédé.
À travers un dialogue intime entre une mère et son fils, le film explore la complexité des liens familiaux, les traumatismes transmis d’une génération à l’autre et la difficulté de se confronter à l’image contradictoire d’un père à la fois admiré et redouté.
Déjà distingué par une mention spéciale dans la compétition des longs-métrages, Résurgence s’impose ainsi comme l’une des œuvres particulièrement remarquées de cette édition.
« Jeunes sans limite, de la Guyane à l’Opéra de Paris » remporte le Prix du public
Le Prix du public, doté de 2 000 euros avec le soutien de Rhums Saint-Maurice, a été attribué à Jeunes sans limite, de la Guyane à l’Opéra de Paris, réalisé par José Ramirez Romero et Jules Bonnel.
Présenté dans la sélection Écrans Parallèles, ce documentaire de 52 minutes, produit par Les Films du Sillage et l’Opéra national de Paris, avec France Télévisions, raconte une aventure artistique et humaine reliant Saint-Laurent-du-Maroni à la capitale française.
Le film suit Samuel Fania, qui accompagne des jeunes issus de quartiers défavorisés de Guyane au sein de sa compagnie Jeunes Sans Limites.
Grâce à la danse, ces jeunes trouvent un espace d’expression, de construction personnelle et d’émancipation. Leur parcours prend une dimension exceptionnelle lorsque l’Académie de l’Opéra national de Paris les invite à participer à la création d’un spectacle à l’Opéra Bastille.
Au-delà de la rencontre entre deux univers artistiques et sociaux, le documentaire questionne les héritages historiques, les frontières géographiques et les représentations culturelles.
La danse devient alors un langage universel, capable de rapprocher des trajectoires que tout semblait séparer.
Cette distinction décernée par les spectateurs vient saluer une œuvre mettant en avant le potentiel de la jeunesse guyanaise et le rôle de la création artistique comme vecteur d’inclusion.
Des trophées façonnés dans les bois précieux de Guyane
Au-delà des récompenses financières, les réalisateurs distingués par le jury ont reçu des trophées conçus par André van Bree, sculpteur installé dans l’Ouest guyanais.
Réalisées à partir de bois durs et précieux, ces créations artistiques témoignent de l’ancrage territorial du festival et participent à la valorisation du savoir-faire artisanal guyanais.
Avec ce palmarès 2026, le FIFAC confirme son rôle de vitrine pour le cinéma documentaire issu de l’espace amazonien et caribéen. En distinguant des œuvres qui interrogent la mémoire, les injustices, l’environnement et les identités, le festival rappelle la place essentielle du documentaire dans la compréhension des sociétés contemporaines.
De la cordillère des Andes aux rives du Maroni, des communautés haïtiennes de Cuba aux jeunes danseurs de Guyane, cette édition aura mis en lumière des histoires singulières dont les résonances dépassent largement les frontières des territoires concernés.







