Alors que l'accès à l'emploi et le maintien en activité peuvent se complexifier lorsqu'un problème de santé survient, plusieurs acteurs réunionnais de l'emploi et du handicap renforcent leur mobilisation. Le programme présenté pour août et septembre 2026 articule des dispositifs permanents et deux temps forts, programmés les 25 août et 22 septembre.
Au-delà des dispositifs institutionnels, cette mobilisation entend également mettre en lumière des parcours individuels. Plusieurs profils issus notamment du bassin Sud illustrent les différentes étapes qui peuvent conduire d'une rupture professionnelle, d'une reconversion ou d'une période d'insertion vers un nouveau projet professionnel.
COMETE, intervenir avant même la sortie de l'hôpital
Parmi les dispositifs mis en avant figure COMETE, pour « Communication, Évaluation, Maintien dans l'Emploi ». Sa particularité réside dans la précocité de son intervention : l'accompagnement débute directement pendant une hospitalisation ou une période de rééducation fonctionnelle.
Le dispositif s'adresse notamment aux personnes confrontées à un arrêt de travail de longue durée après un accident de la vie, un accident de la route ou une maladie lourde. Des équipes pluridisciplinaires interviennent alors pour aider le patient à envisager son avenir professionnel en fonction de ses capacités et de sa situation.
L'objectif consiste à éviter qu'une sortie d'hospitalisation ne se transforme en rupture du parcours professionnel. Le travail sur la reprise d'activité, le maintien dans l'emploi ou une éventuelle réorientation peut ainsi être engagé suffisamment tôt.
À La Réunion, cette démarche s'inscrit également dans une articulation avec le Plan régional de santé. Le territoire est par ailleurs présenté dans le guide comme pilote en France pour l'utilisation de l'application Handidactique, destinée notamment à faciliter le dialogue autour de l'accès aux soins et de la reprise d'activité. Julie Lemyze, coordinatrice locale de COMETE, et Pascal Jacob, président de l'association Handidactique, figurent parmi les porte-paroles identifiés sur ce volet.
Hôtellerie-restauration et intérim : miser aussi sur les secteurs en tension
L'insertion des travailleurs en situation de handicap passe également par les secteurs confrontés à des difficultés de recrutement. Le guide identifie en particulier l'hôtellerie-café-restauration (HCR) et l'intérim comme des domaines susceptibles d'offrir des possibilités d'insertion et d'adaptation des postes.
Dans cette démarche, les chargés de relations employeurs de Cap Emploi travaillent avec des entreprises partenaires afin de favoriser l'accès à l'emploi et de construire des solutions adaptées aux situations individuelles.
L'enjeu dépasse ainsi le seul recrutement : il s'agit de rapprocher les besoins des entreprises et les compétences des candidats, tout en levant les freins qui peuvent encore entourer l'emploi des personnes en situation de handicap.
Le 25 août, un rendez-vous consacré au maintien dans l'emploi public
Un premier temps fort est programmé le 25 août 2026 autour du Réseau Maintien en Emploi. Organisée et financée par le FIPHFP, la session technique durera trois heures et sera consacrée à l'accompagnement des employeurs publics confrontés à des situations de santé complexes.
Les participants travailleront notamment sur le rôle, la saisine et le fonctionnement de la Commission Médico-Administrative (CMA), avec pour objectif de mieux sécuriser les parcours de maintien dans l'emploi ou de reclassement des agents sur les plans médical et juridique.
Cette rencontre s'adresse en particulier aux référents handicap de la Fonction publique, aux directions des ressources humaines et aux gestionnaires de personnel.
Une sensibilisation à la CGSS le 22 septembre
Deuxième date à retenir : le 22 septembre 2026. Une session de sensibilisation pilotée par l'AGEFIPH doit être organisée à la CGSS, avec une animation associant le Service de Contrôle Médical (CSRM) et un infirmier.
Plusieurs aspects concrets du retour au travail doivent y être abordés, notamment les visites de pré-reprise et de reprise ainsi que le rendez-vous de liaison. Le programme prévoit également l'utilisation du « Jeu RQTH » afin d'aborder de manière plus interactive les questions liées à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé.
La session reposera également sur des études de cas issues de situations réelles d'inaptitude ou de reclassement identifiées par les participants. L'objectif est de mieux orienter les personnes concernées vers les acteurs susceptibles de les accompagner dans leur maintien en emploi.
Des parcours individuels qui illustrent les possibilités de rebond
Le programme met enfin en avant plusieurs candidats accompagnés dans le bassin Sud, dont les trajectoires permettent d'illustrer concrètement les enjeux de reconversion et d'insertion professionnelle.
À 57 ans, Agathe Lauret, habitante de Saint-Pierre et ancienne cadre, a notamment exercé comme directrice de magasin et directrice des ressources humaines. Après un grave accident du travail, elle s'est engagée dans un parcours de reconversion et a obtenu une licence de Responsable RH ainsi que le titre professionnel de Conseillère en insertion professionnelle.
Après une expérience de trois mois comme chargée de conseil entreprise, elle travaille désormais à la rédaction d'un guide pédagogique destiné aux apprenants et formateurs de la filière de Conseiller en insertion professionnelle. Elle souhaite également s'investir dans l'insertion des jeunes et intervenir auprès des employeurs pour contribuer à lever les préjugés entourant notamment l'aménagement des postes des seniors bénéficiant d'une RQTH.
Autre parcours mis en lumière, celui de Nadège Gado, originaire de la Ravine des Cabris. Repérée à l'occasion d'un atelier culinaire associé à un job dating organisé par France Travail, elle a effectué une immersion professionnelle d'un mois en janvier 2026 avant de bénéficier d'une Préparation Opérationnelle à l'Emploi Individuelle (POEI) d'agent de production et de conditionnement.
Cet accompagnement progressif a débouché sur son recrutement en CDD au sein de l'entreprise qui l'avait accueillie, offrant un exemple concret d'une insertion construite par étapes entre le candidat, les professionnels de l'emploi et l'entreprise.
Le guide mentionne également Iman Salim Ablezot, dont le profil a été transmis par l'agence France Travail de Saint-Pierre en vue d'un portrait consacré au retour à l'emploi. Un premier entretien doit permettre de préciser son parcours et de mettre en valeur son expérience d'insertion professionnelle dans le bassin Sud.
Prévenir les ruptures plutôt que les subir
À travers ces différents dispositifs, une même logique se dessine : intervenir le plus tôt possible et coordonner les acteurs de la santé, de l'emploi, du handicap et des ressources humaines.
De l'accompagnement engagé pendant l'hospitalisation avec COMETE jusqu'aux dispositifs de retour à l'emploi, en passant par la sensibilisation des employeurs et la sécurisation des reclassements, les actions programmées en août et septembre témoignent d'une approche qui cherche à construire des solutions avant que les difficultés de santé ne conduisent à une exclusion durable du marché du travail.
Les parcours individuels mis en avant rappellent également que la reconnaissance du handicap ne signifie pas nécessairement la fin d'une trajectoire professionnelle. Reconversion, formation, adaptation du poste, immersion et accompagnement des entreprises constituent autant de leviers susceptibles d'ouvrir de nouvelles perspectives.






