L’Arcep franchit une nouvelle étape dans le déploiement des réseaux mobiles dédiés aux usages professionnels. Le régulateur annonce l’extension à Mayotte de son dispositif d’attribution de fréquences dans la bande 2,6 GHz TDD, afin de répondre aux besoins croissants de connectivité des acteurs économiques locaux.
Des réseaux privés au service des secteurs stratégiques
Cette décision s’inscrit dans la stratégie de l’Arcep visant à accompagner le développement des réseaux mobiles privés 4G et 5G, destinés aux « utilisateurs verticaux » : industriels, logisticiens, acteurs de l’énergie, de la santé ou encore des projets de villes intelligentes. Ces réseaux permettent de déployer des services sur mesure, avec des exigences élevées en matière de performance, de sécurité et de latence.
À Mayotte, ces usages pourraient notamment soutenir la modernisation des infrastructures, l’optimisation des chaînes logistiques ou encore le développement de services publics connectés.
Une extension logique après consultation
Cette évolution fait suite à une consultation publique menée entre le 10 juillet et le 26 septembre 2025. Celle-ci visait à évaluer les besoins en fréquences sur le territoire, notamment dans les bandes 2,6 GHz FDD et 3,4 – 3,8 GHz.
Au regard des contributions recueillies, l’Arcep a décidé d’ouvrir à Mayotte son « guichet » d’attribution de la bande 2,6 GHz TDD (2575 – 2615 MHz), déjà accessible dans plusieurs territoires ultramarins. Depuis sa création en 2019, ce dispositif a en effet été progressivement étendu, notamment lors de sa révision en décembre 2024, à des territoires comme La Réunion, la Guadeloupe ou encore la Guyane.
Des perspectives différenciées selon les bandes de fréquences
Les conclusions de la consultation mettent en lumière des dynamiques distinctes selon les bandes étudiées.
D’une part, la bande 3,4 – 3,8 GHz, cœur du développement de la 5G, suscite un intérêt réel à moyen terme. Toutefois, les besoins immédiats restent limités. L’Arcep prévoit ainsi d’attribuer les fréquences disponibles dans cette bande en cohérence avec la montée en charge du trafic 5G sur le territoire.
D’autre part, la situation est plus tendue pour la bande 2,6 GHz FDD. À horizon du 21 février 2028, la demande en fréquences devrait dépasser les ressources disponibles. Face à cette pression anticipée, le régulateur annonce une future consultation afin de définir les modalités d’attribution de ce spectre stratégique.
Un levier pour le développement numérique de Mayotte
Avec cette extension, l’Arcep confirme sa volonté de favoriser l’innovation et la transformation numérique dans les territoires ultramarins. En facilitant l’accès à des fréquences dédiées, elle offre aux acteurs économiques mahorais un levier supplémentaire pour expérimenter et déployer des solutions de connectivité avancées.
Dans un contexte où les réseaux privés deviennent un pilier de la compétitivité industrielle et des services connectés, cette décision pourrait contribuer à accélérer la structuration d’un écosystème numérique local, adapté aux spécificités et aux ambitions de Mayotte.














