Du 22 au 24 juin 2026, à l’occasion de la 37e édition du Sunny Side of the Doc, rendez-vous international incontournable dédié au documentaire, France Télévisions réaffirme son engagement en faveur de la création audiovisuelle en présentant une sélection ambitieuse de projets documentaires ultramarins. À travers ces œuvres en développement, le groupe public met en avant des récits ancrés dans les réalités des territoires d’Outre-mer, explorant les grands défis contemporains liés au climat, à la mémoire, à la justice, à la culture ou encore à l’identité.
Premier partenaire du documentaire en France, France Télévisions entend ainsi valoriser des regards singuliers et essentiels sur le monde, tout en offrant une visibilité internationale à des histoires souvent méconnues du grand public. Une démarche pleinement assumée par Delphine Ernotte Cunci, présidente-directrice générale du groupe, qui rappelle que le documentaire constitue un outil majeur de compréhension de notre époque, de transmission des savoirs et d’ouverture sur les grandes mutations de la société.
Des Outre-mer au cœur des grands enjeux contemporains
Pour le pôle Outre-mer de France Télévisions, le documentaire est avant tout un outil d’exploration du réel. Comme le souligne Sophiane Tilikete, directeur adjoint des contenus en charge des documentaires et magazines du pôle Outre-mer, ces films racontent des territoires souvent confrontés à des combats multiples : lutte contre les conséquences du changement climatique, quête de justice face aux héritages coloniaux, ou encore résilience quotidienne face aux difficultés économiques et sociales.
Cette sélection 2026 illustre parfaitement cette diversité de regards et d’approches.
Le climat au premier plan
Parmi les projets les plus emblématiques figure « Justice climatique, anatomie d’une lutte », réalisé par Claire Perdrix et Marianne Kerfriden. Ce documentaire de 90 minutes suit le combat mené par de jeunes militants du Pacifique et plusieurs petits États insulaires devant la Cour internationale de Justice de La Haye afin d’obtenir une reconnaissance juridique des responsabilités liées au changement climatique. Une bataille historique où les populations les plus exposées tentent de faire entendre leur voix face aux grandes puissances mondiales.
La question environnementale est également au cœur de « Guyane, l’appel de la forêt amazonienne », réalisé par Céline Bittner. Le film explore les premiers signes de fragilité observés dans la forêt amazonienne guyanaise, pourtant considérée comme l’un des principaux poumons verts de la planète. Entre dérèglements climatiques, dépérissement des arbres et adaptation des populations autochtones, le documentaire met en lumière un écosystème sous pression.
Autre territoire directement confronté aux effets du réchauffement climatique, Miquelon est au centre du documentaire « Miquelon, face à l’océan ». Réalisé par Luc de Saint-Sernin, le film suit un projet inédit de relocalisation d’un village entier menacé par la montée des eaux. Un sujet qui résonne déjà comme un avant-goût des défis auxquels devront faire face de nombreux territoires côtiers dans les décennies à venir.
Mémoire, justice et héritages historiques
Le documentaire ultramarin se fait également vecteur de mémoire et de réflexion historique.
« L’affaire Aliker, un scandale colonial », réalisé par Martin Beraud, revient sur l’assassinat en 1934 du journaliste martiniquais André Aliker. Figure du militantisme anticolonial, celui-ci avait dénoncé les pratiques de puissants industriels békés avant d’être retrouvé mort dans des circonstances jamais élucidées. Le film replonge dans cette affaire emblématique des tensions politiques et sociales de la Martinique coloniale.
En Guadeloupe, « Les enfants de la Soufrière, 50 ans après » revient sur l’évacuation historique de 1976, lorsque plus de 70 000 habitants avaient dû quitter leurs foyers face à la menace d’une éruption volcanique. À travers les témoignages des survivants et les analyses scientifiques actuelles, le documentaire interroge la relation complexe entre les populations et ce volcan omniprésent.
Cultures, identités et transmission
La programmation met également à l’honneur les patrimoines culturels et les dynamiques artistiques ultramarines.
Avec « L’odyssée pop du Tiki », Antoine Laguerre retrace l’incroyable parcours de cette figure emblématique des cultures polynésiennes, devenue au fil des décennies un symbole mondial souvent réinterprété, parfois détourné, entre tradition, exotisme et industrie culturelle.
À La Réunion, « Médecines traditionnelles sur l’île de La Réunion, l’urgence de transmettre » s’intéresse aux savoirs ancestraux liés aux plantes médicinales. Le documentaire suit notamment Kakouk, dernier « tisaneur de forêt » autorisé à prélever certaines espèces végétales, et met en lumière les enjeux de transmission de ce patrimoine unique.
À Mayotte, « La nouvelle scène mahoraise » propose une immersion dans une génération d’artistes qui participent à l’émergence d’une identité musicale contemporaine. Le film accompagne plusieurs chanteurs et musiciens dans leur quotidien, révélant les défis mais aussi les ambitions d’une scène en pleine construction.
Sport, art urbain et nouvelles aventures humaines
Les documentaires ultramarins explorent également d’autres univers.
« La foil histoire de la Route du Rhum » retrace l’évolution spectaculaire de la célèbre course transatlantique entre Saint-Malo et la Guadeloupe. À travers les témoignages de figures légendaires de la voile, le film interroge la transformation d’une aventure maritime mythique à l’ère des foils et des nouvelles technologies.
En Martinique, « Au pied du mur – Du vandale au street art » raconte l’ascension du collectif Madapaint, composé de sept artistes graffeurs ayant progressivement gagné leur place dans l’espace public jusqu’à réaliser la plus grande fresque jamais commandée par la ville de Fort-de-France.
Enfin, « Guyane, la tentation du pétrole » analyse les enjeux géopolitiques et économiques liés à l’exploitation des ressources pétrolières dans le plateau des Guyanes, devenu l’un des nouveaux territoires stratégiques de l’industrie énergétique mondiale.
Une vitrine internationale pour les récits ultramarins
À travers cette sélection particulièrement riche, France Télévisions confirme sa volonté de faire des Outre-mer un territoire majeur de création documentaire. Entre urgence climatique, mémoire collective, transmission culturelle et mutations sociales, ces projets témoignent de la capacité des documentaires ultramarins à raconter des histoires locales aux résonances universelles.
Présentés au Sunny Side of the Doc 2026 devant les professionnels du monde entier, ces films illustrent l’ambition du service public de porter sur la scène internationale des récits authentiques, porteurs de sens et profondément ancrés dans les réalités des territoires ultramarins.







