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Guyane : La Toile des Palmistes célèbre sa 10e édition avec 43 films, Stany Coppet et trois soirées de cinéma gratuit


Publié le Mardi 27 Octobre 2026 à 09:17

              


Du 29 au 31 octobre 2026, le festival La Toile des Palmistes fera son retour à Cayenne pour une dixième édition anniversaire placée sous le signe de la création, de la transmission et de la diversité cinématographique. Avec 43 films représentant 28 pays, des projections gratuites, des compétitions, des rencontres professionnelles et la présence de l'acteur guyanais Stany Coppet, l'événement entend célébrer le chemin parcouru depuis sa création tout en affirmant son ambition : faire rayonner le cinéma guyanais et ultramarin bien au-delà de leurs frontières.


Guyane : La Toile des Palmistes célèbre sa 10e édition avec 43 films, Stany Coppet et trois soirées de cinéma gratuit

La place des Palmistes s'apprête à retrouver son grand écran sous les étoiles. Du jeudi 29 au samedi 31 octobre, le cœur de Cayenne vibrera au rythme de la dixième édition de La Toile des Palmistes, un rendez-vous culturel devenu incontournable pour les amateurs de septième art en Guyane.

Organisé par la G-CAM, le festival investira deux lieux emblématiques de la capitale guyanaise : la place des Palmistes, transformée en cinéma à ciel ouvert, et le cinéma Eldorado. Pendant trois soirées, le public pourra découvrir gratuitement une sélection de 43 œuvres issues de 28 pays et réparties en dix catégories, entre courts et longs métrages, fictions, documentaires et films d'animation.

Pour cette édition anniversaire, les organisateurs ont souhaité conjuguer ouverture internationale, valorisation des talents locaux et transmission aux nouvelles générations. Un programme particulièrement riche qui témoigne de l'évolution d'un événement lancé en 2012 et devenu annuel en 2020.


Une dixième édition pour célébrer quatorze années de cinéma en Guyane


Depuis sa première édition en 2012, La Toile des Palmistes a progressivement trouvé sa place dans le paysage culturel guyanais. Initialement organisé tous les deux ans, le festival est devenu un rendez-vous annuel en 2020, élargissant progressivement sa programmation et ses collaborations internationales.

L'événement a notamment renforcé ses liens avec les cinématographies latino-américaines, développé des actions autour de la mémoire audiovisuelle caribéenne et multiplié les initiatives en faveur de la création locale. En 2025, il avait rassemblé près de 2 900 spectateurs.

Pour Murielle Thierrin, scénariste, productrice, présidente de la G-CAM et déléguée du festival, cette dixième édition représente autant une célébration du travail accompli qu'une occasion de réfléchir à l'avenir du cinéma sur le territoire.

Elle souligne le caractère profondément collectif de cette aventure, rendue possible par l'engagement des auteurs, réalisateurs, techniciens, producteurs, associations, institutions, enseignants, programmateurs, partenaires et bénévoles.

L'édition 2026 entend également mettre à l'honneur les femmes qui participent à la création cinématographique, aussi bien devant que derrière la caméra. Une orientation qui se retrouve dans l'identité visuelle de cette édition anniversaire et dans une programmation attentive aux récits d'émancipation, de transmission et de reconstruction.


Le cinéma guyanais au cœur de la programmation


La valorisation de la création guyanaise constitue l'un des fils conducteurs du festival. Plusieurs productions locales seront ainsi présentées dans la sélection « Voix de l'Amazonie », destinée à faire découvrir des œuvres qui interrogent les réalités sociales, les mémoires et les imaginaires du territoire.

Parmi les films à découvrir figure Yes We Can ! (ou presque...), une comédie de Carole Zolli, produite par L'Ébène et Kanopé Films. Ce court métrage de 20 minutes raconte l'histoire de quatre bénéficiaires d'un accueil de jour thérapeutique qui souhaitent organiser une surprise pour une encadrante particulièrement appréciée. Leur projet, pourtant animé des meilleures intentions, prend rapidement une tournure inattendue.

Le public pourra également découvrir Tu finiras au bagne, d'Aurélien Achache, une œuvre de fiction de 11 minutes consacrée à la mémoire d'un bagnard de Guyane, ainsi qu'À l'ombre des camélias, de Jean-Noël Virèeye, qui suit un homme solitaire obsédé par les graines qu'il tente de faire germer.

Autre production attendue, Pauvres Diables, d'Olivier Sagne, transporte les spectateurs dans la Guyane de 1885. Le film raconte le destin de Louise, une femme condamnée au bagne, confrontée à un mariage arrangé susceptible de lui offrir une nouvelle liberté.

Enfin, Ce qu'il reste à sauver, de Maxime Col, met en scène un bandit de la vieille école qui, après avoir échappé de justesse à la mort, entreprend un dernier retour aux sources pour tenter de renouer avec sa fille.

À travers ces productions, La Toile des Palmistes souhaite mettre en lumière la diversité des approches artistiques et narratives qui caractérisent aujourd'hui le cinéma guyanais.


La Réunion, la Martinique et la Guadeloupe également représentées


Au-delà de la Guyane, le festival accorde une place importante aux productions venues des autres territoires ultramarins.

La Réunion sera notamment représentée par Nou Artrouv, un court métrage de 24 minutes réalisé par Laurent Aspesberro et Yann Gadaud. Produit par JOM Production, le film suit Clarisse et Jade, deux lycéennes qui partagent un appartement au Port et rêvent de partir vivre dans l'Hexagone. Mais à la veille de leur départ, une dernière intervention professionnelle dans les Hauts vient bouleverser le programme de Clarisse.

Autre œuvre réunionnaise sélectionnée, Mafate ter Maron, de Jean-Florent M'Nemosyme, propose un docu-fiction de quatre minutes consacré à Mafate, un esclave en fuite qui trouve refuge dans les montagnes de La Réunion. Une évocation de l'histoire du marronnage et de la mémoire du territoire.

La Martinique sera présente avec Adan nanm ek kò, d'Ella Moun, qui plonge dans le quotidien carcéral d'une femme condamnée pour le meurtre de son mari et qui ne communique plus qu'à travers les poèmes qu'elle écrit sur les murs de sa cellule.

Le film Le Jour des cendres, d'Amingo Thora, aborde quant à lui le retour douloureux d'une Martiniquaise auprès de sa famille en février 1976, après plusieurs années passées dans l'Hexagone dans le cadre du BUMIDOM.

La Guadeloupe sera représentée par le long métrage Le Poids du silence, réalisé par Marc Barrat. Ce drame familial de 1 h 38 suit Betty, mère célibataire qui élève ses deux fils à Sainte-Anne. Lorsque Swann, son fils aîné devenu aveugle, souhaite poursuivre ses études à Paris, les secrets longtemps enfouis au sein de la famille menacent de ressurgir.

Cette sélection ultramarine illustre la volonté du festival de favoriser la circulation des œuvres entre les territoires et de donner davantage de visibilité aux histoires, aux langues et aux identités qui composent les Outre-mer.


Stany Coppet, invité de marque de cette édition anniversaire


L'un des événements majeurs de cette dixième édition sera la présence de l'acteur, scénariste et producteur guyanais Stany Coppet, dont la carrière s'étend désormais bien au-delà des frontières françaises.

Révélé notamment au public international grâce à la série espagnole El Príncipe, le comédien a également participé à des productions telles que Deep Fear et Vikings: Valhalla, tout en poursuivant sa carrière à la télévision française.

Les téléspectateurs le connaissent notamment pour ses rôles dans Guyane, diffusée sur Canal+, Tropiques criminels sur France 2, ainsi que Demain nous appartient sur TF1, dans laquelle il incarne le chirurgien Aaron Leclercq.

Son parcours est également marqué par son engagement dans la production et la réalisation, notamment avec La Vie Pure, consacré à l'explorateur Raymond Maufrais, et le court métrage 973.

Le samedi 31 octobre, de 10 heures à midi, Stany Coppet animera une masterclass au cinéma Eldorado. Ouverte au public et aux professionnels intéressés par les métiers du cinéma, cette rencontre permettra de revenir sur son expérience, les différentes étapes de sa carrière et les défis rencontrés pour évoluer dans l'industrie audiovisuelle internationale.

Le festival accueillera également Jérémy Duc, professionnel du cinéma et de l'audiovisuel, cofondateur de l'association Les Courtisans et membre du comité de programmation de La Toile des Palmistes.


Un hommage à Nicolas Altmayer autour du film « 600 kilos d'or pur »


La programmation comprendra également un hommage au producteur Nicolas Altmayer, disparu en août 2026, dont le travail a contribué au développement de plusieurs productions cinématographiques tournées en Guyane.

Le vendredi 30 octobre, le cinéma Eldorado accueillera une projection exceptionnelle de 600 kilos d'or pur, long métrage d'aventure réalisé par Éric Besnard, sorti en 2010.

Produit par Mandarin Films, avec la participation d'Aldabra Films, le film avait été tourné en Guyane en 2009 avec des équipes venues de l'Hexagone et du Brésil, mais également de nombreux techniciens et professionnels du territoire.

Cette production avait participé à la montée en compétences des équipes locales et contribué à renforcer la visibilité de la Guyane auprès de l'industrie cinématographique française.

La projection sera accompagnée du making-of réalisé par Fabrice Pierre et d'une rencontre avec des membres de l'équipe technique. Une soirée destinée à revenir sur cette aventure collective et à rappeler l'empreinte laissée par Nicolas Altmayer dans le paysage audiovisuel guyanais.


Deux compétitions pour révéler et accompagner les talents


Les compétitions occuperont également une place centrale dans cette édition anniversaire.

Le concours de courts métrages « Contresens », ouvert aux catégories adulte et junior, permettra de mettre en valeur les productions de réalisateurs émergents. Dix films seront sélectionnés pour être présentés pendant le festival, avant une diffusion ultérieure sur Guyane la 1ère, partenaire officiel de l'événement.

Quatre œuvres seront récompensées par des prix en nature. Le jury réunira notamment Stany Coppet, Jérémy Duc, Marc-Philippe Coumba, Philippe Passon, Marie Pinault, Emmelyne Octavie et Ludovic Guillaume, lauréat du premier prix en 2025.

Parallèlement, le Prix BNP Paribas – Jury des Lycéens sera reconduit pour la troisième année consécutive.

Dotée d'une récompense de 1 500 euros, cette distinction sera attribuée à un réalisateur ou une réalisatrice guyanaise parmi cinq films en compétition : Yes We Can ! (ou presque...), Tu finiras au bagne, À l'ombre des camélias, Pauvres Diables et Ce qu'il reste à sauver.

Le jury sera exclusivement composé d'élèves des sections Cinéma-Audiovisuel du lycée Lama Prévot et du lycée Georges Othily BTP & Communication visuelle.

La remise du prix est programmée le samedi 31 octobre, sur la place des Palmistes, lors de la dernière soirée du festival.


Des films internationaux et une carte blanche à Cinélatino


La dimension internationale de La Toile des Palmistes se traduira également par une programmation consacrée aux cinématographies du monde entier.

Le festival renouera notamment avec Cinélatino, Rencontres de Toulouse, à travers une carte blanche dédiée aux courts métrages latino-américains.

Plusieurs productions venues d'Argentine, de Colombie, du Mexique et d'autres pays de la région permettront aux spectateurs de découvrir des récits mêlant transmission familiale, mémoire culturelle, poésie et engagement social.

Parmi les films proposés figurent notamment La Calesita, d'Augusto Schillaci, La Vitualla, de Santiago Posada, ou encore Los Ases del Corral, d'Irving Sevilla et Manuel Báez.

Le reste de la sélection explorera de nombreux univers, des comédies décalées aux drames sociaux, en passant par les récits féminins et les œuvres expérimentales.

Le public pourra notamment découvrir Deux personnes échangeant de la salive, de Natalie Musteata et Alexandre Singh, un court métrage de 36 minutes se déroulant dans une société dystopique où les baisers sont passibles de la peine de mort.


Cinéma et musique réunis pour deux rendez-vous originaux


La dixième édition fera également dialoguer le septième art et la création musicale à travers deux propositions artistiques.

La première prendra la forme d'un ciné-poème autour d'Emak Bakia, film muet de Man Ray datant de 1926, qui célèbre cette année son centenaire.

Cette œuvre du cinéma d'avant-garde sera accompagnée d'une création musicale originale interprétée par deux artistes guyanais : Yann Villageois, percussionniste associant les rythmes traditionnels aux musiques électroniques, et Pierre-Marie Levaillant, pianiste de jazz nourri d'influences amazoniennes, brésiliennes et caribéennes.

Proposée en collaboration avec l'association Nomade, Musiques, Arts et Culture, cette performance offrira une nouvelle lecture d'un classique du cinéma expérimental.

Le second rendez-vous sera un ciné-blind test musical organisé avec l'association CARMA, le Collectif Amazonien de Rencontres Musicales et Artistiques. Les participants devront reconnaître des films et des séries à partir de leurs bandes originales, dans une animation conviviale ouverte à toutes les générations.

Ces deux événements sont programmés le samedi 31 octobre sur la place des Palmistes.


Des rencontres professionnelles pour accompagner la filière audiovisuelle guyanaise


Au-delà des projections, La Toile des Palmistes poursuivra son engagement en faveur du développement de la filière audiovisuelle locale.

En partenariat avec la Commission du film Guyane, plusieurs rencontres professionnelles permettront aux créateurs, techniciens, producteurs, étudiants et porteurs de projets d'échanger sur les réalités de leurs métiers.

Une masterclass consacrée à l'émergence et à l'accompagnement des projets sera notamment organisée le samedi 31 octobre, de 14 heures à 17 h 30, au cinéma Eldorado.

Les participants pourront découvrir différents dispositifs de formation et de soutien à la création, avant de bénéficier de rendez-vous individuels avec des professionnels expérimentés pour présenter leurs projets.

La transition écologique dans la production audiovisuelle constituera un autre thème important. Une rencontre intitulée « Produire pour l'avenir », programmée le vendredi 30 octobre à Guyane Développement Innovation, abordera les enjeux de l'écoproduction et les solutions adaptées aux réalités du territoire.

Avec la participation du NumLab, les professionnels pourront notamment découvrir les possibilités offertes par l'impression 3D, la réparation de matériel, le réemploi de matériaux et la fabrication numérique appliquée aux métiers du cinéma.


L'éducation à l'image, une priorité pour les nouvelles générations


La transmission constitue également l'un des piliers du festival. Pour la quatrième année consécutive, la G-CAM reconduit son dispositif « Je fais mon cinéma », destiné à initier différents publics aux métiers et aux techniques audiovisuelles.

Cette année, le projet s'est notamment ouvert aux jeunes du quartier de la Rénovation Urbaine, âgés de 11 à 18 ans, qui ont participé à la réalisation d'un mini-documentaire consacré à la mémoire de leur quartier.

D'autres actions ont été développées en direction d'adultes accompagnés par des structures associatives, avec l'objectif de permettre à chacun de raconter son histoire et de s'approprier les outils de création audiovisuelle.

En parallèle, plusieurs ateliers seront proposés aux enfants et adolescents dans le cadre de Passeurs d'Images Guyane, coordonné par le Pôle Image Maroni.

Au programme : découverte du montage, réalisation de séquences filmées, initiation à l'animation, création de voix off et expérimentation des premières techniques du cinéma.

Jérémy Duc animera également un atelier consacré au stop motion, au cours duquel les participants donneront vie à une affiche inspirée des dix éditions du festival.

Une autre initiation, proposée par le NumLab, permettra de découvrir les liens entre création audiovisuelle et fabrication numérique, notamment à travers la conception d'accessoires de cinéma.


Le festival se prolongera à Rémire-Montjoly et Macouria


Si les principales projections se dérouleront à Cayenne, La Toile des Palmistes poursuivra sa programmation au-delà de la capitale guyanaise.

Une soirée hors les murs est prévue le samedi 7 novembre à l'Espace culturel Joseph Ho Ten You de Rémire-Montjoly, avec le soutien de la municipalité.

Cette prolongation permettra au public de retrouver une partie des temps forts de la dixième édition et de découvrir plusieurs productions mises à l'honneur pendant le festival.

Pour la première fois, La Toile des Palmistes fera également étape à Macouria, dans le cadre d'une nouvelle collaboration avec la Ville. La date de cette projection sera communiquée ultérieurement.

Avec ces initiatives, les organisateurs souhaitent renforcer l'accessibilité du cinéma et permettre à de nouveaux publics de découvrir la richesse de la création audiovisuelle guyanaise.

Quatorze ans après sa naissance, La Toile des Palmistes poursuit ainsi son développement en restant fidèle à son identité : un festival populaire, gratuit et ouvert sur le monde, qui fait du cinéma un espace de découverte, de dialogue et de rencontre.


Mots Clés : Évènement

Ludovic Belzamine
Rédacteur en chef de Megazap.fr depuis 15 ans. En savoir plus sur cet auteur

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