« L’IA en Outre-mer, véritable levier de développement ou simple promesse ? » : c’est autour de cette question que le pôle Outre-mer de France Télévisions entend ouvrir la discussion.
Alors que l’intelligence artificielle transforme progressivement les entreprises, les administrations, la recherche, la santé ou encore les usages numériques, son développement prend une dimension particulière dans les territoires ultramarins.
La Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et les autres territoires français répartis dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique occupent en effet une position géographique singulière. Leur présence à proximité de grandes zones économiques et géopolitiques, de l'Amérique à l'Asie en passant par l'Afrique et l'océan Indien, peut constituer un atout dans le développement de nouvelles coopérations technologiques.
L'essor de l'intelligence artificielle pose ainsi la question de la place que pourraient occuper les Outre-mer dans la stratégie numérique française, mais également de leur capacité à développer leurs propres compétences, infrastructures, entreprises et solutions.
Santé, climat, économie : des applications potentiellement déterminantes
Dans les territoires ultramarins, l'IA pourrait notamment apporter des réponses à plusieurs contraintes structurelles liées à l'éloignement géographique et, pour certains territoires, à l'insularité.
Dans le domaine de la santé, les technologies d'intelligence artificielle peuvent par exemple contribuer au traitement et à l'analyse des données, à l'amélioration de certains diagnostics ou au développement de solutions permettant de réduire les effets de l'éloignement.
Les enjeux sont également importants en matière climatique. Cyclones, fortes pluies, submersions marines, épisodes de sécheresse ou autres phénomènes extrêmes placent plusieurs territoires ultramarins en première ligne face aux conséquences du changement climatique. L'exploitation de volumes importants de données et les modèles prédictifs associés à l'IA peuvent renforcer les capacités d'observation et d'anticipation de certains risques.
Le développement économique constitue un autre volet majeur. L'émergence d'entreprises spécialisées, la formation de talents locaux et l'intégration de l'intelligence artificielle au sein des TPE, PME, collectivités et services publics pourraient participer à la structuration de nouveaux écosystèmes numériques dans les territoires.
L'IA au service des langues et des cultures ultramarines ?
L'une des spécificités de cette rencontre sera également d'aborder la question linguistique. Les Outre-mer disposent d'un patrimoine culturel et linguistique particulièrement riche, avec de nombreuses langues régionales et langues créoles. Or, celles-ci restent généralement beaucoup moins représentées dans les grands modèles d'intelligence artificielle que les langues disposant d'importants volumes de contenus numériques.
Le développement d'outils adaptés pourrait donc contribuer à la documentation, à la transmission et à la valorisation de ces langues, à condition de disposer de données suffisamment représentatives et de compétences permettant aux territoires de participer eux-mêmes à la conception de ces technologies.
Cette problématique illustre plus largement l'un des enjeux de l'intelligence artificielle en Outre-mer : ne pas seulement utiliser des solutions développées ailleurs, mais être également en capacité de participer à leur création et à leur adaptation aux réalités locales.
Cybersécurité et souveraineté au cœur des échanges
L'arrivée massive de l'intelligence artificielle soulève parallèlement des interrogations en matière de sécurité des données, de dépendance technologique et de souveraineté numérique.
Ces problématiques seront abordées lors des Rencontres du pôle Outre-mer avec Jean Benedetti, d'Exodata, autour de la cybersécurité et de la souveraineté.
La question des compétences et de la structuration d'une filière locale sera également au programme avec Audrey Limery, fondatrice de Kweevo et Lycorp.
Sur les questions liées aux langues et à la santé interviendront Laure Bourgois, docteure en intelligence artificielle et responsable du pôle IA de M@ryse Project, ainsi que Ludivine Lasserre, doctorante en informatique, spécialisée en intelligence artificielle.
Le volet consacré au climat et à l'anticipation devrait être porté par Léa Berthomier, ingénieure deep learning au Lab IA de Météo-France, sous réserve de confirmation de sa participation.
Enfin, les usages de l'intelligence artificielle et son appropriation par les nouvelles générations seront abordés avec Renaud Dékode, créateur de contenu spécialisé dans l'IA et les transformations technologiques à venir.
Un après-midi de débats en présentiel et à distance
La rencontre sera introduite par Sylvie Gengoul, directrice du pôle Outre-mer de France Télévisions.
L'événement se déroulera jeudi 22 octobre 2026 à partir de 13h30, au siège de France Télévisions, dans le 15e arrondissement de Paris. Il sera également possible de suivre les échanges en ligne, permettant ainsi au public ultramarin de participer à distance.
À travers cette nouvelle édition de ses Rencontres, le pôle Outre-mer entend ainsi confronter les promesses de l'intelligence artificielle aux réalités des territoires.
Au-delà de l'effet d'accélération actuellement observé autour de l'IA, plusieurs questions restent en effet centrales : comment former suffisamment de professionnels ultramarins ? Comment garantir la souveraineté et la sécurité des données ? Comment intégrer les spécificités linguistiques et culturelles locales ? Et surtout, comment faire en sorte que les innovations technologiques contribuent concrètement au développement économique et social des territoires ?
Autant d'enjeux qui seront au cœur de cet après-midi de réflexion.
La participation à l'événement s'effectue sur inscription, via le QR Code ci-dessous:







