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Polynésie: L'autorité de la concurrence va autoriser l'ouverture du marché de la téléphonie mobile et de l'internet


L'autorité de la concurrence autoriserait Vodafone et Viti à devenir fournisseur d'accès à internet pour le premier et opérateur mobile pour le second.


En juin 2017, Vodafone (Pacific Mobile Telecom) et Viti ont déposé chacun un dossier auprès de la DGEN (Direction générale de l'économie numérique) pour obtenir l'autorisation d'activités de fourniture d'accès à Internet pour le premier et de téléphonie mobile pour le second. Légalement obligé de répondre dans un délai de quatre mois, le président du Pays avait finalement décidé de saisir l'autorité polynésienne de la concurrence (APC) pour l'aider dans sa décision.

​Selon les informations de TNTV, la réponse de l'APC devrait être positive et sans ambigüité "L'APC recommande de faire doit aux demandes de Viti et de PMT".

L’autorité va accompagner sa réponse d’un long rapport qui examine dans le détail l’état actuel du marché d’Internet et de la téléphonie qui donne des clés au président pour organiser de la meilleure manière possible l’ouverture à la concurrence de ces deux marchés. L’APC estime qu’une telle ouverture à la concurrence ferait non seulement baisser les prix, mais améliorerait également les offres des différents opérateurs.
 
Mais pour que cette ouverture de marché se passe dans les meilleures conditions, l’APC pense qu’il faut placer les différents opérateurs « dans une position de se concurrencer à armes égales ». Elle constate que toutes les conditions d’exercice d’une concurrence effective ne sont pas réunies en Polynésie française et elle recommande donc de modifier profondément les conditions réglementaires et économiques du secteur.

L’APC dénonce, notamment, la situation particulière de la Polynésie en faisant référence aux deux grandes parties du territoire. Ce qu’elle appelle d’abord la « zone de carence d’initiative privée » : en d’autres termes les archipels éloignés où seuls l’OPT et sa filiale à 100% Vini ont pignon sur rue. Et, d’autre part, la zone complémentaire (Tahiti, Moorea, une partie des Iles-sous-le Vent) où Vini, Viti et Vodafone sont sur le marché.

De plus, les archipels éloignés coûtent cher à Vini qui ne peut plus compter sur la rentabilité de la zone urbaine pour compenser ses pertes. En tenant compte de cette particularité, il faut, selon l’APC repenser une vraie concurrence sur tout le territoire avec la possibilité pour tous les acteurs de s’y implanter. 

L’APC note également que la situation de monopole de l’OPT sur l’infrastructure, situation inscrite dans la loi, empêche les autres opérateurs privés de contracter directement avec d’autres sociétés pour les ressources satellitaires ou par câble : ils sont obligés de passer par l’établissement public ce qui restreint les pratiques concurrentielles.

Et d’évoquer « l’opacité » des tarifs de l’OPT, notamment ceux d’interconnexion proposés aux concurrents. Selon les propres termes de l’APC, les coûts de l’OPT « relèvent d’une véritable boîte noire ». L’Autorité note aussi le manque de contrôle du Pays sur les comptes de l’OPT alors même que le Pays participe au financement des différentes structures.

C’est dans ce contexte que l’APC recommande de changer le mode de régulation du marché.  Pour l'Autorité, la variété des fonctions des pouvoirs publics qui sont à la fois le réglementateur, le régulateur et l’opérateur peut conduire à des situations de conflit d’intérêt. C'est pour cela que l’Autorité devrait recommander dans son avis que la fonction de régulateur soit confiée à un organe dédié et indépendant des pouvoirs publics.

Du côté de Viti, qui se bat en justice contre l’OPT déjà depuis plusieurs années à propos des tarifs d’interconnexion, cet avis représente un espoir pour ses envies de téléphonie mobile. Ses dirigeants n’avaient d’ailleurs pas caché que si leur dossier n’était pas instruit dans les quatre mois légaux ils iraient devant les tribunaux. 

Chez Vodafone, l'avis est mitigé. Car si le groupe d’Albert Moux souhaite entrer sur le marché de l’Internet, il verrait évidemment d’un mauvais œil l’arrivée de Viti dans la téléphonie où Vodafone peine à trouver un modèle économique rentable.

TNTV annonce que l’avis de l’APC pourrait être examiné en conseil des ministres dès mercredi.

Source: TNTV

Mardi 26 Septembre 2017 - 08:50

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