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Internet fixe : une baisse des prix en métropole, mais des écarts persistants en Outre-mer


Publié le Mardi 20 Janvier 2026 à 07:37

              



L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep) a publié son étude triennale consacrée à l’évolution des tarifs des services fixes en France entre 2015 et 2025. Ce rapport s’inscrit dans le cadre des missions confiées à l’Autorité par le code des postes et des communications électroniques, qui l’oblige à surveiller le niveau et l’évolution des prix de détail des services fixes, au regard du pouvoir d’achat des consommateurs et de l’évolution générale des prix.

L’étude analyse les offres d’accès à internet fixe à haut et très haut débit, intégrant les services essentiels, accès internet, téléphonie fixe et, le cas échéant, télévision et dresse un constat contrasté : si les prix ont globalement diminué en France hexagonale, notamment sur les offres d’entrée de gamme, les écarts restent significatifs dans les départements et collectivités d’outre-mer.

En France métropolitaine, l’Arcep observe une tendance de fond à la baisse des tarifs des services internet fixes, en particulier depuis 2024. Cette évolution est principalement liée à l’intensification de la concurrence et à la multiplication d’offres d’entrée de gamme à prix réduit, parfois sans service audiovisuel inclus.

À titre d’exemple, le tarif moyen d’un abonnement internet en fibre optique sans télévision est passé de 30 € TTC en 2022 à 26 € TTC en 2025. Cette diminution marque un retour à des niveaux de prix proches de ceux observés à la fin des années 2010, après une phase de hausse progressive entre 2019 et 2023.

Autre évolution majeure mise en avant par le régulateur : la disparition progressive des écarts tarifaires entre les technologies cuivre (DSL) et fibre optique. Jusqu’en 2023, les offres fibre étaient généralement plus chères que leurs équivalents sur réseau cuivre. Depuis début 2024, une proportion croissante d’offres est désormais commercialisée au même tarif, quelle que soit la technologie. En 2025, un seul opérateur maintient encore une différenciation tarifaire, limitée à un écart de 4 €.

L’étude souligne que les différences de prix restent principalement liées aux services inclus dans les offres. Les abonnements fibre les moins chers sans télévision sont compris entre 20 € et 36 € TTC par mois. Lorsqu’un service audiovisuel est intégré, les tarifs s’échelonnent entre 23 € et 43 € TTC.

Le surcoût lié à la télévision demeure relativement contenu en métropole, oscillant entre 3 et 7 € selon les opérateurs. Cette stratégie tarifaire reflète une tendance des fournisseurs à proposer des offres « essentielles », la télévision devenant un service optionnel ou facturé séparément, notamment pour les contenus premium.

Concernant les offres de téléphonie fixe seule, l’Arcep rappelle qu’elles ne sont désormais proposées que par Orange, en raison de son statut historique d’opérateur du service universel téléphonique. Ces offres, disponibles sur l’ensemble du territoire, ont vu leurs tarifs augmenter de manière significative ces dernières années.

Après une longue période de stabilité entre 2015 et 2022, les prix ont augmenté de 2 € par an en 2023 et 2024, puis à nouveau en 2025. En juin 2025, l’abonnement de téléphonie fixe seule atteint ainsi 23,96 € TTC en France hexagonale. Dans les territoires ultramarins, les tarifs sont plus faibles en raison d’une fiscalité spécifique, avec 21,67 € TTC en Guadeloupe, Martinique et à La Réunion, et 19,19 € TTC en Guyane, à Mayotte, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.

Malgré ces hausses, le nombre d’abonnements continue de chuter à un rythme soutenu, compris entre 12 et 17 % par an, traduisant la migration progressive des usagers vers des offres couplées incluant l’accès à internet.

L’un des points centraux du communiqué concerne la situation des départements et collectivités d’outre-mer. L’Arcep met en évidence des tarifs nettement plus élevés qu’en France hexagonale, avec des offres mensuelles comprises entre 29 € et 70 € TTC selon les territoires, les technologies et les services inclus.

À La Réunion, les offres les moins chères sur réseau cuivre incluant internet et téléphonie fixe s’élèvent à 33 € TTC. En fibre optique, les offres sans télévision sont proposées entre 29 € et 40 € TTC, tandis que les formules incluant un service audiovisuel atteignent fréquemment 39 € à 50 € TTC. Pour un même opérateur, le passage d’une offre double-play à une offre triple-play se traduit par un surcoût de 10 à 20 € par mois.

Dans la zone Antilles-Guyane, les écarts sont encore plus marqués. Les offres fibre sans télévision sont généralement comprises entre 40 € et 44 € TTC, et celles incluant la télévision entre 45 € et 55 € TTC. L’Arcep note que certains opérateurs ont récemment aligné leurs tarifs fibre sur ceux du cuivre, tandis que d’autres maintiennent un surcoût pouvant aller jusqu’à 15 €.

L’étude replace également l’évolution des tarifs dans une perspective budgétaire plus large. En moyenne, les dépenses en services de communications électroniques représentent 1,7 % de la consommation effective des ménages en France. Toutefois, cette proportion est nettement plus élevée dans les Outre-mer.

En 2017, les ménages des Antilles-Guyane et de Mayotte consacraient en moyenne 4,7 % de leur budget aux télécommunications, soit environ deux fois plus que les ménages métropolitains (2,3 %). À La Réunion, cette part s’élevait à 3,8 %. Les ménages les plus modestes sont particulièrement exposés, les 10 % aux revenus les plus faibles consacrant jusqu’à 3,5 % de leurs dépenses aux services de communications électroniques.

Enfin, le communiqué souligne que la France se situe dans la moyenne européenne en matière de tarifs d’accès à internet fixe. Selon la dernière étude de la Commission européenne, portant sur les tarifs de 2022, la France occupe la 13e place sur 27 pays de l’Union européenne. Si les offres d’accès internet seules apparaissent moins compétitives, en raison de leur apparition récente sur le marché français, les tarifs des offres double-play et triple-play figurent parmi les plus bas en Europe.

Pour l’Arcep, ces résultats confirment une amélioration globale de l’accessibilité financière de l’internet fixe en France, tout en rappelant la nécessité de poursuivre les efforts pour réduire les inégalités territoriales, notamment dans les départements et collectivités d’outre-mer.



Mots Clés : Arcep

Ludovic Belzamine
Rédacteur en chef de Megazap.fr depuis 15 ans. En savoir plus sur cet auteur

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