À l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2026, le pôle Outre-mer de France Télévisions déploie un dispositif éditorial d’envergure, mobilisant l’ensemble de ses rédactions en télévision et en radio. Cette programmation spéciale s’inscrit dans un contexte hautement symbolique : le 25e anniversaire de la loi Taubira, texte fondateur qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité.
Une édition spéciale au cœur des enjeux mémoriels
Dès 13h30, une émission spéciale sera diffusée en direct sur les plateformes numériques Outre-mer, notamment La1ere.fr, ainsi que sur Public Sénat et TV5 Monde, sans oublier les antennes du Réseau des 1ère en Outre-mer. Présentée par Thierry Belmont et Oriane Mancini, cette émission de deux heures ambitionne de nourrir une réflexion approfondie sur la place de cette mémoire dans la société contemporaine.
Dans un contexte où Organisation des Nations unies qualifie la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité », les débats sur les réparations, les symboles ou encore les excuses officielles continuent d’alimenter l’espace public. Historiens, responsables politiques et acteurs de la société civile reviendront sur la portée de la loi Taubira, ses ambitions initiales et les attentes qu’elle a suscitées, bien au-delà du cadre juridique.
L’émission interrogera également l’empreinte durable de ce texte dans le récit national, ainsi que les enjeux toujours vifs liés aux héritages ultramarins et à la lutte contre le racisme. En parallèle, un duplex depuis le jardin du Luxembourg permettra de suivre la cérémonie officielle de commémoration, avec les réactions recueillies sur place.
Une programmation radio axée sur mémoire et réparations
Sur le versant radiophonique, le dispositif se distingue par une série de cinq reportages intitulée « Mémoire et réparations », diffusée sur les radios du Réseau des 1ère ainsi que sur Radio France Internationale. Réalisée par les journalistes Hodane Hagi Ali et Tessa Grauman, cette série propose une exploration rigoureuse et documentée de la question des réparations, un quart de siècle après l’adoption de la loi Taubira.
À travers des enquêtes menées notamment à Bordeaux, Nantes et Paris, et nourries de témoignages croisés, historiens, chercheurs, responsables politiques ou acteurs associatifs, les reportages mettent en lumière les avancées, mais aussi les résistances persistantes autour de cette question sensible.
Chaque épisode aborde un angle spécifique : le travail introspectif des descendants d’esclavagistes, la portée des excuses officielles, l’inscription de cette mémoire dans l’espace urbain, les enjeux de transmission aux nouvelles générations, ou encore le projet de mémorial de l’esclavage à Paris, envisagé comme un possible geste de réparation symbolique.
Figures de résistance : réhabiliter des récits longtemps marginalisés
En complément, une série de modules courts intitulée « Figures de résistance » vient enrichir la programmation. Proposée par la journaliste Manon Palassy, cette collection met en lumière les dynamiques de marronnage et les formes de résistance à l’esclavage à travers différents territoires ultramarins.
De La Réunion à la Guadeloupe, en passant par la Guyane et Haïti, ces récits restituent des trajectoires individuelles et collectives souvent reléguées aux marges de l’histoire dominante. Parmi elles, la figure emblématique de Solitude, engagée dans l’insurrection de 1802, ou encore les sociétés marronnes réunionnaises structurées dans les hauteurs de l’île.
Ces chroniques rappellent que la résistance à l’esclavage ne se limite pas à des actes isolés, mais s’inscrit dans des stratégies collectives, politiques et économiques complexes, témoignant d’une capacité d’organisation et de résilience remarquable.
Un engagement éditorial au service du devoir de mémoire
À travers cette mobilisation exceptionnelle, le pôle Outre-mer de France Télévisions réaffirme son rôle central dans la valorisation des mémoires ultramarines et dans la transmission d’une histoire encore marquée par des zones d’ombre et des débats contemporains.
Vingt-cinq ans après la loi Taubira, cette programmation spéciale illustre la nécessité de poursuivre le travail mémoriel, d’enrichir le récit collectif et de nourrir une réflexion critique sur les héritages de l’esclavage dans les sociétés actuelles.














