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Évènement ! "BOUCAN" l'histoire saisissante de réalité dans la Nouvelle-Calédonie du 19e siècle, ce dimanche sur Nouvelle-Calédonie La 1ère


Rédigé le Dimanche 30 Juin 2019 à 07:05 |




Ce dimanche 30 juin à 20h00, Nouvelle-Calédonie La 1ère diffusera le film évènement "Boucan" réalisé par Alan NOGUES.

Nouvelle-Calédonie fin du 19ème siècle, le gouverneur Feillet  annonce qu'il veut « fermer le robinet d’eau sale » de la pénitentiaire et développer la culture du café en Nouvelle-Calédonie. 

Vincent Boyer et sa famille s’installent dans la région de La Foa-Canala pour mettre à profit la terre que leur a confiée l’administration. Mais en dépit de l’expansion coloniale, les tabous ancestraux demeurent.

"C’est un film taiseux, porté par une musique aux accents graves et une photographie somptueuse. La lenteur du rythme, voulue par Alan Nogues apporte à ce long métrage de fiction une dimension dramatique et nous laisse imaginer ce qu’était la vie au plus profond de la brousse du 19ème siècle.
S
’inspirant de l’expérience des colons Feillet, le film soulève pourtant des problématiques qui demeurent contemporaines : le racisme, l’incompréhension entre deux civilisations, la violence, les superstitions… Nouvelle Calédonie la 1ère a voulu apporter son soutien et son aide à un jeune réalisateur prometteur dont on connaissait déjà la maitrise du documentaire ( Terre de métal ou l’île continent).
En appuyant la première démarche de fiction cinématographique d’Alan Nogues, notre chaîne se veut incubatrice de talents et souhaite contribuer dans une humble mesure au développement d’un 7éme art calédonien. Surtout quand celui-ci recèle bien des promesses." annonce Nathalie Daly, adjointe à la Direction éditoriale en charge de l'antenne et des programmes TV de Nouvelle-Calédonie La 1ère.

Entretien avec Alan NOGUES

Boucan
Boucan
Après avoir réalisé une dizaine de documentaires dont "lîle continent", "Terre de métal", "La dernière révolte", le réalisateur Alan Nogues s'attaque au mythe du "Boucan" à travers l'histoire d'une famille calédonienne du 19ème siècle. Entre fiction et réalité...rencontre avec un metteur en scène "hors norme".

Quelle a été la génèse de ce projet ? Pourquoi cette époque ?

Ce film a pris beaucoup de temps pour arriver à sa forme définitive. Ma première source d’inspiration a été une légende kanak tirée de la région de Canala. Il s’agissait d’un colon planteur de café occupé à défricher une zone de son terrain. Deux kanak viennent alors lui rendre visite pour lui conseiller d’arrêter immédiatement car selon eux cette zone serait « taboue ». Ignorant ces conseils, le colon se retrouve alors persécuté par un lézard, une sorte de totem protecteur du lieu.

Un conte qui nous expose deux visions du foncier en Calédonie. L’une économique, où la terre est perçue comme un outil de production à la rentabilité quantifiable, délimitée par des frontières physiques arbitraires, et l’autre au contraire où la terre est considérée comme un outil de communication avec l’invisible et où la notion de frontière n’obéit pas du tout aux même codes. Le film part en tout cas de cette dualité, mais c’est évidemment une trame de fond.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans la fiction après avoir réalisé des documentaires ?

J’avais besoin de m’éloigner du documentaire et de son aspect factuel pour exprimer quelque chose de plus personnel je crois mais aussi de me frotter à un challenge. La fiction est un exercice incroyablement difficile !

Racontez-nous la recherche de décors…

On a eu beaucoup de mal à trouver un lieu adéquat pour le tournage. Quand on situe une histoire au 19ème siècle, le décor doit être impeccable, au plus proche du naturel, sans aucun signe de modernité. Il nous fallait un lieu qui fasse « forêt » mais qui dispose également d’un caférie, et où l’on puisse construire la maison des colons.

Autre aspect important, il nous fallait un lieu calme, loin des routes, loin des voisinages bruyants pour toutes les prises son, mais tout aussi crucial il nous fallait aussi de l’électricité. On a finalement trouvé notre bonheur sur une propriété privée du côté de Gouaro Deva.

L’histoire de ce film sonne étrangement vraie, est-ce que cette famille a  existé?

Aucune archive précise ne mentionne une telle aventure dans l’histoire calédonienne. Mais ce qui est sûr c’est que de nombreux colons se sont véritablement cassé les dents ici. Je crois que j’ai simplement voulu écrire un film qui s’éloigne des scénarios types, ce qui apporte je l’espère une touche de réalisme.

Qu’est-ce qui vous a inspiré lors de la réalisation du film ?

En dehors de la légende kanak mentionnée plus haut, j’ai été marqué par des films comme « There will be blood » pour son réalisme historique, ou de « Shining » pour l’aspect huis-clos et la figure inquiétante du père.

Pourquoi ce titre « Boucan » ?

Le Boucan c’est un concept un peu fourre tout pour parler de magie noire en Calédonie et dans certains autres pays. Se faire emboucanner, c’est s’attirer la malveillance d’une personne proche des arts occultes, qui aurait le pouvoir de faire du mal à distance. C’était pour moi un choix visant à orienter la vision du spectateur.

J’ai voulu faire réfléchir sur cette notion de mauvais œil, de « sorcellerie » en lui apportant un éclairage qui s’éloignerait des films d’horreur et lorgnerait plus sur une vision psychologique et culturelle du phénomène. Mais je brouille les pistes, il y a dans mon personnage une bonne dose de paranoïa, et un contexte historique particulier, ce qui rend l’interprétation assez difficile.

Pourquoi un personnage principal si dur ?

Je voulais dépeindre le caractère d’un homme du 19ème siècle. Avec nos codes du 21ème, on pourrait effectivement penser que c’est un personnage odieux, mais tout ce qu’il dit, tous les choix qu’il fait sont dictés par la situation. Rien n’est dit ou fait par hasard ou encore gratuitement. Il a des contraintes, des objectifs, et surtout des peurs, la peur d’échouer. Il est isolé. Il n’a littéralement pas d’autre choix que d’être ainsi. Je me suis simplement efforcé d’être réaliste. Oui il est machiste, probablement raciste, mais le contexte de l’époque était autrement plus dur qu’aujourd’hui.

Quel est le message du film « Boucan » ?

Je laisse au spectateur la liberté d’y voir ce qu’il voudra. Ce film est construit de manière ouverte. Il y a plusieurs possibilités.



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