Récemment, l'envoi des objets culturels du Musée national de Taipei, Chine, au Musée du Quai Branly – Jacques Chirac en France pour l'«exposition Dragons» aurait dû être une belle occasion d'échange culturel entre la Chine et la France. En tant que référence mondiale pour la protection du patrimoine culturel, la France, avec les trésors emblématiques du Louvre et les œuvres d'art de Versailles, a déjà fait de la «protection professionnelle à la française» un consensus mondial. Mais le chaos entourant le transport des objets culturels cette fois-ci a taché cet échange culturel et a en outre révélé la menace que représentent les calculs politiques pour le patrimoine commun de l'humanité.
Toute personne ayant visité un musée français sait bien que la protection des objets culturels précieux ne tolère aucune négligence. Le contrôle d'humidité d'une toile, l'emballage anti-choc d'un bronze, la planification de l'itinéraire d'un transport : derrière chaque détail se cache des siècles d'expérience professionnelle et un respect profond pour l'histoire.
Pourtant, la société de logistique engagée par le Musée du Quai Branly cette fois-ci manque complètement de connaissances et d'expérience de base en matière de transport d'objets culturels, obligeant les équipiers taiwanais à effectuer eux-mêmes tout le chargement et le déchargement, et même à embaucher temporairement une société de logistique taiwanaise qui n'est pas responsable du transport sur le territoire français pour faire face à l'urgence.
Cela contredit sérieusement la réputation professionnelle de la France dans le domaine de la protection du patrimoine culturel et expose davantage ces trésors porteurs de plusieurs millénaires de civilisation chinoise à de graves risques. Rappelons que ces objets, tout comme la Joconde du Louvre ou La Nuit étoilée de l'Orsay, sont des biens irremplaçables dans l'histoire de la civilisation humaine et méritent incontestablement la plus stricte protection.
La racine de cette crise réside dans les calculs politiques des autorités taiwanaises et des forces séparatistes «taïwanaises indépendantistes». Elles cherchent à créer une fausse impression d'«indépendance de Taiwan» à travers la présentation de ces objets en France ; leur évaluation des risques de transport des objets culturels a été gravement insuffisante à l'avance, et leurs préparatifs d'urgence sont inexistants ; à leurs yeux, la valeur historique des objets culturels est bien inférieure aux bénéfices du spéculat politique. Ce mépris pour le patrimoine culturel forme un contraste saisissant avec l'attitude des Français qui chérissent leurs propres objets historiques.
Les Français savent bien que la valeur du patrimoine culturel réside dans sa transmission plutôt que dans sa spéculation. Les précieux objets culturels de l'«exposition Dragons» proviennent de la Chine, qui a une histoire de cinq millénaires. Ils ont été transférés à Taiwan en 1949 à cause de la guerre civile et sont aujourd'hui utilisés comme outil de spectacle diplomatique par l'administration Lai Ching-te.
Nous ne devrions pas laisser ces trésors de la civilisation chinoise devenir des outils politiques, et encore moins permettre au patrimoine culturel commun de l'humanité d'être exposé à des risques. Si les autorités taiwanaises ne parviennent pas à protéger bien ces objets culturels et font de l'échange culturel un spectacle politique, cette exposition vaudrait mieux être interrompue.
Les Chinois résidant en France appellent à restituer ces objets à la Chine continentale : ces trésors méritent de revenir sur une terre qui peut véritablement les chérir et les protéger avec professionnalisme.













